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 don't let him rattle your bones › salilla

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don't let him rattle your bones › salilla Vide
MessageSujet: don't let him rattle your bones › salilla   don't let him rattle your bones › salilla Icon_minitimeDim 5 Mai - 18:34


When the world's laying you low
Don't you let it rattle your bones
La purge. C’était arrivé, finalement. L’écrasement du soulèvement qui avait bouleversé Panem sur plusieurs mois. Les rebelles qui plièrent l’échine, vaincus. D’une certaine manière, c’était inévitable. Obtenir gain de cause aurait été trop facile, comme s’ils étaient capables de dépouiller tous les districts des fervents fidèles du gouvernement. Aux envolées si fières d’une rébellion présente et efficace durant les premières semaines et dans les premiers districts emportés, s’était présenté le retournement de situation que même les plus butés auraient dû voir venir. La riposte du Capitole, la réaction en masse des pacificateurs. Tout. Ils avaient tout repris, le sang sur leurs mains attestant des pertes que cela avait coûté. Et ce n’était pas suffisant, évidemment. Les rebelles qui purent se cachent ou s’échapper avant qu’ils ne soient trop tard avaient finalement été rattrapés, par des enquêtes menées peut-être trop durement, et par des accusions. Game over des rebelles, psychose générale dans tous les districts. Quoi de mieux alors, certainement pour s’assurer la tranquillité et optimiser ses chances de discrétion, que de dénoncer ainsi son voisin, son frère, son collègue, cet inconnu croisé dans la rue. Que le rideau se lève, et que les macchabés dansent sur les restes de leurs pantins exécutés. Dans une situation où il ne faisait nul doute qu’être un rebelle était le signe du Diable, Ludmilla ne pouvait décemment pas rester dans son district. Elle avait beau se terrer chez elle, passer pour morte, se cacher quelque part ailleurs, elle n’était absolument pas en position de force. Elle était celle qui était revenue d’on ne savait où après presqu’un an d’absence, après tout. Elle était celle qu’on avait suspecté d'avoir changé de camp. Elle était de ceux qui, tout simplement, pouvaient attirer une attention plus que rejetée à l’égard de leur district. Alors, elle était partie. Aux prémices de ce que tous nommaient la purge, alors que seules les premières exécutions avaient eu lieu. Comme un avant-goût du funeste destin qui n’attendait pas moins de la moitié de la population.

Ludmilla s’était rendue au treize qui était de toute évidence le seul lieu où aucun pacificateur ne pourrait venir la chercher, et y était restée quelques semaines, le temps nécessaire pour ce qu’elle avait en tête à ce moment-là tout du moins. Cependant, il lui était impossible de revenir directement dans son district étant donné la surveillance croissante et presque omniprésente qui régnait sur l’ensemble du territoire. Elle avait profité de la panique des débuts, des mouvements de foules et des autres captures comme diversion pour s’esquiver d’ici comme tant d’autres. À présent que le calme était revenu brutalement, quelque peu imposé, elle ne pouvait se permettre de se déplacer librement. D’autant plus que le trajet du treize au six était bien assez long. Alors, elle faisait escale. D’une pensée à une autre, ses pas foulèrent le sol du district trois, pénétrant en son sein par la forêt. Ce qui était toujours plus facile pour se cacher et attendre, que de se pavaner au milieu d’une rue. Ces derniers mois l’avaient définitivement remise sur pieds, si on omettait l’instabilité mentale dans laquelle elle se trouvait désormais, et qui ne la quitterait plus. Mais c’était une chose, une sacré chose, d’avoir repris du poil de la bête. D’être plus forte, mieux entraînée. Ludmilla ne désirait plus être un obstacle, un poids accablant, pour son entourage. Pour ceux qui comptait. Pour les autres, elle les emmerdait purement et simplement. Qu’ils ne soient pas d’accord avec ses états d’âmes ne l’empêchait pas de vivre. Si vivre était le terme le plus adéquate pour ce qu’elle était devenue.

Mais Milla était vouée à la vengeance, muée dans sa haine envers le Capitole, envers le monde entier, envers ceux qui lui avaient tout pris. C’était ce qui la faisait encore avancer, doucement, difficilement. Elle se traînait pour être encore là quand de nouveaux rebelles se soulèveront, car c’était ce qui adviendrait. On ne pouvait taire l’injustice indéfiniment, d’autant plus que le treize était bel et bien là maintenant pour les soutenir, et que c’était un appui non-négligeable. Elle s’était remise dans les rails qu’elle suivait depuis qu’elle avait intégré les rebelles il y a de cela plusieurs années. La collecte des informations. C’était le mieux, être doté de la connaissance. Et les distribuer à qui l’on voulait, selon ce qu’on voulait en faire. La proximité du trois envers le treize et ses intentions coïncidaient merveilleusement bien. Car c’était dans ce district que résidait l’une des têtes des pacificateurs, et aussi fou le fait de s’y rendre fut-il, la jeune femme n’avait plus rien à perdre. Elle l’avait déjà assez prouvé.

Dans la pénombre de la nuit tombée, il lui était plus facile de se mouvoir sans qu’on ne la reconnaisse forcément. À supposer que quelque connaisse son visage. L’heure actuelle n’était pas encore au silence du district, les gens allant et venant selon qu’ils finissaient leur journée ou faisaient leurs dernières emplettes ; ceci, dans une ambiance des plus pesantes. La purge était passée, après tout. D'ailleurs, elle ne savait pas encore combien de têtes rebelles étaient tombées au six. Ici, de ce qu’elle savait déjà, et de ce qu’elle avait pu observer, il y avait des individus intéressants qui pouvaient satisfaire ses intentions. Son objectif ? Se faire prendre, tout d’abord. La forte odeur de l’alcool l’alpagua sitôt qu’elle pénétra dans le bâtiment, se fichant complètement de dénoter dans un endroit pareil. Milla avait le visage de ces personnes abîmées, dont on ne savait pas vraiment ce qui en était la cause. Dans les suppositions, on pouvait y laisser l’alcoolisme, même si elle revenait de bien plus loin qu’un fond de bouteille de trop – ce qui n’avait, d’autant plus, jamais était de ses addictions. C’était le maître des lieux qui l’intéressait. Elle s’accouda à un comptoir, détaillant la salle du regard. Protégeant ses arrières implicitement aussi, certainement. La paranoïa qui siégeait en son être était maintenant bien présente pour qu’elle puisse y passer outre. Elle fit abstraction du temps qui s’écoula, ce n’était pas ce qui lui manquait.

Enfin. Son regard rencontra celui qu’elle devina aisément comme la personne qu’elle recherchait, il n’y avait pas quarante mille personnes avec le cou barré d’une cicatrice qui existaient, encore moins dans un seul district. Une large distance les séparait, mais Ludmilla était certaine qu’il l’avait remarquée. Elle le dévisagea quelques secondes, assez pour l’intriguer tout du moins, à supposer que ce soit le cas, et tourna les talons pour sortir brusquement. La précipitation la mena droit dans une ruelle sans issue, et c’était ce qu’elle recherchait au fond. Qu’il puisse lui tomber dessus facilement. Mais la sensation était similaire que lorsqu’on lui était tombé dessus, il y a plus d’un an et demi, avant qu’on ne l’enferme dans l’oubli, les larmes et le silence. Les battements de son cœur s’emportèrent alors que son regard se perdit sur le mur qui lui faisait face, sans trop le voir réellement. La panique, l’adrénaline, l’anticipation, affluaient dans ses veines. Elle n’entendit qu’à peine les pas dans son dos, peut-être dû au silence dans lequel se mouvait l’homme, ou au bourdonnement qui résonnait dans ses oreilles. Elle savait. Elle l’avait déjà vécu. Elle se tourna, doucement. Bienvenue en enfer. Le coup dans le visage la fit basculer dans l’inconscience.

Une brûlure sur la joue brisa les derniers effluves d’égarement, et Ludmilla fit un brusque retour à la réalité. Elle devinait aisément qu’on l’avait giflé pour la réveiller, et que ce n’était très certainement qu’un gentil début à ce qui suivrait. Giflée là où le poing s’était abattu ... Combien de temps juste avant ? Raviver la douleur pour la maintenir éveillée, évidemment. Bien. Elle n’était pas debout, encore moins allongée. Avachie sur elle-même, les fesses posées sur une surface qui semblait moins dure que du béton et plutôt humide. Une inspiration, et ses paupières se soulevèrent enfin. Il lui avait laissé ses membres libres, elle n’était pas liée. Par pour l’instant, du moins. Elle se doutait bien que son allure frêle devait lui faire penser qu’elle serait facilement cassable. Ah, grand dommage pour lui. Elle se releva, ne pouvant supporter l’idée d’être aussi facile à atteindre ainsi prostrée. Derrière elle, un lac. Devant elle, le préambule du cauchemar. Aucun mot pour l’instant, pas un geste. Il devait la sous-estimer autant que possible, et c’était facile de par sa taille, sa corpulence. Mais les cicatrices qui se dessinaient sous ses vêtements étaient sa preuve, son vécu. Elle serait difficile à abattre. Elle se l’était dit, presque promis, elle avancerait tant que sa haine ne sera pas assouvie. Alors Ludmilla redressa la tête, dans un signe d’insoumission, et plongea son regard dans celui qui prenait la place de son nouveau bourreau.

Qu’est-ce qu'il ne fallait pas faire, pour aller au-delà de ses convictions.
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don't let him rattle your bones › salilla Vide
MessageSujet: Re: don't let him rattle your bones › salilla   don't let him rattle your bones › salilla Icon_minitimeDim 5 Mai - 21:02


it's just beneath the skin.




Paupières closes. Tête légèrement basculée vers l’arrière. La légère sensation d’une brise caressant son visage, fraîche et tranquillisante. Il était immobile, fixant un point invisible sans pour autant rouvrir les yeux. L’obscurité lancinante apaisait son cœur aux sourdes pulsations sanguines. Il la sentait. Cette doucereuse vengeance, ces picotements produits dans le bout de ses doigts, alors qu’il refermait finalement ceux-ci, contractant les poings. Il sentait tout. Les battements féroces de son cœur au fond de sa cage thoracique, le sang battant à ses tempes. Et cette petite présence, à la fois faible et forte, encore assise derrière lui. Il l’avait giflée. Lui avait tourné le dos, le plus simplement du monde. Si elle bougeait, il n’aurait aucun mal à s’en rendre réellement compte. Et cette fille n’était pas là pour le poignarder dans le dos. Il en aurait très fortement douté. Quelques secondes, tout au plus ; c’était le temps depuis lequel il lui faisait dos, inspirant lentement l’air calme de la forêt. Tout ce qui pouvait tenter de calmer son organe cardiaque surexcité. Et pourtant, si on l’avait regardé, on n’aurait bien été incapable de déceler la moindre trace d’empressement, la moindre petite ombre d’impatience. Il était stoïque, immobile. À croire qu’il dormait, debout. Sa poitrine se soulevait régulièrement, amplement. Son sang-froid habituel ne laissait rien transparaître. Ils avaient l’habitude, tous autant qu’ils étaient. Cela lui était bien égal. Il n’était pas ce que les autres voulaient qu’il soit. Il n’était pas ce que lui-même aurait aimé être ; personne ne le pouvait. Cette idée n’était qu’un leurre, une lueur d’espoir pour toutes les créatures faibles et crédules de ce bas-monde ; pour tous ceux qui préféraient fermer les yeux et subir le malheur qu’on leur infligeait, plutôt que d’ouvrir les yeux et de sourire à toute cette merde. Lui sourire, et l’affronter. L’on était condamné à vivre et mourir comme des chiens, que cela en choquait plus d’un. Pas lui. Pas Salem. Pas alors qu’il avait été heurté dès sa plus tendre enfance aux délices de la souffrance et des larmes. L’amertume d’une vie passée, alors que de pâles images flottaient encore parfois dans son esprit. Des bouilles de petites filles, l’amour d’une mère. Et la maladie, terrible et affligeante. Elle leur avait pris toutes les femmes du foyer, toutes ces femmes qu’ils avaient pourtant aimées ; comme des sœurs, des mères, des épouses. Elles avaient été leur essence de vivre, et on les leur avait prises. Il avait souffert, lui aussi. Comme un chien, au fond de son lit, durant des jours entiers. Il avait vu sa mère mourir, ses sœurs y passer. Et lui était resté. Un matin, il s’était levé, était descendu. Avait pris un petit déjeuner simple. Le début d’une seconde page de sa vie. Vie de chien, torture inlassable. Les événements s’étaient enchaînés, jusqu’à ce jour, engrenage long et tortueux du quotidien. Et, en trente-trois ans, rien ne lui avait laissé penser qu’il était autre chose qu’un animal. Une bête, destinée à crever de la pire des manières qu’il soit. Il n’était rien en ce bas-monde pour lui donner la moindre once d’espoir. Il avait failli y rester. Une autre fois, réellement. Chaire lacérée, battements de cœurs tantôt trop précipités, tantôt ralentissant de manière alarmante. Il bougea doucement la tête, comme s’éveillant de sa léthargie. Sa cicatrice ne le tirait presque plus. Mais quelle importance ? Il avait souffert. Le martyr. Il avait souffert, et aujourd’hui, il s’en était remis. Presque. Aujourd’hui, un nouveau sentiment donnait une raison à son cœur de battre. Un nouveau but, nouvel objectif. La vengeance. Un nom doux, pour une action amère et douloureuse. Lente, et brûlante. Pareille à un acide, elle dévorait aussi bien le porteur que son entourage, parasite cruel et dévastateur. Elle était mauvaise. Pour la conscience, pour l’esprit, pour les autres. Pour soi. Salem l’embrassait. Salem la portait. Il le savait. Il ne l’appréciait pas, mais il la voulait. Sa vengeance. Les rebelles s’en trouvaient porteur, également. Elle pesait sur eux, ombre menaçante. Pourquoi ? Il leur faisait payer les erreurs qu’il avait commises. Payer tout ce que la vie lui avait fait. Là encore, il en avait conscience. Mais il ne voulait pas en parler. Le garder pour lui, intérioriser. Se contenter de laisser voir non pas ce qu’on voulait qu’il soit ; non pas ce qu’il voulait être ; mais bel et bien ce que l’on avait fait de lui. Ce que j’ai subi a fait de moi ce que je suis. Phrase simple et lourde de sens, aux aspects de vérité si prenants qu’ils en seraient devenus étouffants. Salem acceptait cette idée. La vie était un enchaînement d’événements spontanés, parfois contrôlables, parfois non. Elle vous façonnait, en fin de compte. Et c’était ainsi qu’il en résultait. Debout. Tête légèrement inclinée vers les arbres. Paupières toujours closes. À la fois vivant et mort. À la fois froid et source de chaleur. À la fois bon et mauvais. Un ensemble de paradoxes. Un être humain.

Un léger mouvement lui fit pencher la tête davantage vers l’avant, alors qu’il rouvrait ses paupières sur les deux prunelles chocolatées aux lueurs si ardentes mais si brutes. Il se tourna lentement vers la petite silhouette aux longs cheveux blonds. Elle s’était relevée. Et le regardait, désormais. Avec ce regard d’insoumission propre aux gens de sa trempe. Aux gens de celle de Salem également. Y avait-il vraiment une différence distincte entre un rebelle déterminé, ou un Pacificateur déterminé ? Il avait parfois réfléchi à la question. Et n’en voyait réellement aucune. Ils étaient prêts à tout ; les uns, comme les autres. Sacrifier des êtres chers pour parvenir à leur cause, défendre leurs objectifs à corps et à cri. Ils n’étaient pas si différents, dans le fond. Les prunelles de Salem dans celles de la jeune femme. Il la fixait, de son air presque dément tant le calme qui l’abritait aurait pu tenir de l’inhumanité. Il ne cillait pas. Impassible. Ne prenant même pas le temps de cligner des paupières. Il ne bougeait plus, l’observant simplement. La marque rouge sur sa joue, là où il avait frappé pour l’assommer. Elle était venue dans son bar, était restée jusqu’à ce qu’il la remarque. Jusqu’à ce que leurs regards se croisent. Et elle s’était enfuie. Comme une idiote. Pourtant, lorsque ses yeux avaient croisé les siens, il l’avait directement senti, comme une ombre, pareil à un présage ; elle n’avait rien d’une idiote. Le regard de l’intelligence, les prunelles azurées trahissant une force de détermination et un vécu avec peu de pareils dans le monde. Il l’avait reconnue, par la suite. Et l’avait suivie. C’était ce qu’elle avait voulu, fort probablement. Même si en arrivant derrière elle, il avait flairé sa peur, comme un prédateur aurait flairé celle de sa proie. La terreur avait pulsé dans les veines de la jeune femme, brièvement, avant que le poing de Salem ne s’écrase contre son visage. Force colossale, l’assommant suffisamment pour lui ôter réellement sa conscience. Il l’avait hissée sur son épaule. Délicatement. Personne n’avait cherché à lui dire quoique ce soit. Il avait emprunté les chemins les plus déserts, la prenant plus simplement dans ses bras lorsque le poids sur sa clavicule lui pesait trop. Et ils étaient là. Sur la rive d’un des grands lacs bordant le District Trois. Il l’avait déposée. Giflée précisément pour la réveiller. Et l’avait laissée émerger, s’habituant à la sensation des bois, de nuit. La fraîcheur du vent, s’engouffrant dans sa veste en cuir abîmée et laissée ouverte. Il la fixait toujours. Sans ciller. Quand finalement, Il cligna des paupières, inclinant la tête sur le côté. Les mains enfoncées au fond de ses poches, il la regarda encore quelques instants sans prononcer le moindre mot, avant d’enfin laisser un son rauque s’échapper d’entre ses lèvres ; guttural. « Bonsoir. » Rien d’autre. Ce mot à en glacer le sang dans les veines, ce ton simple et poli, aussi tranchant qu’éraillé, aussi dur que violent, tout en conservant cette pointe de volupté, prête à vous arracher un frisson macabre. Il laissa planer un léger silence, plissant doucement les yeux, avant de poursuivre. « C’est rare, de tomber sur quelqu’un qui laisse étrangement toutes les opportunités parfaites pour se faire remarquer. Puis attraper… » Il la regardait toujours, sombre et menaçant. Il avait pris soin de la désarmer. Les deux lames de la jeune femme étaient soigneusement coincées dans sa ceinture, invisible à la vue car dissimulées par sa veste. Il la testait. Ou alors il constatait. D’un point de vue objectif, la seconde option ressemblait davantage à l’être complexe et incompréhensible que pouvait être le Pacificateur. Elle était intelligente. Elle avait voulu qu’il la remarque. Il avait marché. Mais ne l’avait pas conduite triomphalement dans les geôles du District, comme tout brave Pacificateur l’aurait fait. Non. Il n’avait rien d’un larbin asservi par les ordres du Capitole. Pas hors du service. Pas alors qu’il pouvait tenir entre ses mains bourrues l’une de ces si frêles petites choses. Fragile… D’apparences. « … Ludmilla. » Le prénom avait tinté. Petite conclusion à sa simple phrase de constatation. Comment la connaissait-il ? Il était Pacificateur. Et il avait regardé les Jeux de la Faim. Il se souvenait d’elle. Il connaissait son prénom. N’était pas fou. Et elle non plus, ne l’était pas. Elle était venu le voir lui, après tout. Non ?

Son regard se darda encore une fois au fond des iris céruléens de la jeune femme. Il ne cillait plus, à nouveau. Pas le moindre battement de cils. Il ne s’était pas emporté. N’avait rien fait. Il aurait des ennuis, si cela se savait. Mais pourtant, en cette seconde précise, il n’en avait cure. Ce qu’elle savait. Voilà tout ce qui lui importait réellement.

Ça, et ses récepteurs nerveux sensibles à la douleur.
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MessageSujet: Re: don't let him rattle your bones › salilla   don't let him rattle your bones › salilla Icon_minitimeLun 6 Mai - 18:05


Elle s’était promis. Promis de ne pas refaire une deuxième fois l’erreur. Cette erreur, fatale, lourde. Mortelle. Peut-être pas tant, puisqu’elle était encore là. Ludmilla avait conscience de ce qu’enduraient, tous ces individus, ces hommes ou ces femmes, ces enfants ou ces vieillards, des rebelles ou non, qui étaient tombés entre les mauvaises mains. Enfermés entre les mauvais murs. Sous prétexte qu’ils détenaient des informations susceptibles d’être intéressantes pour ceux qui s’occupaient d’eux. Sous prétexte d’avoir une tête qui ne revenait pas aussi, parfois. Mais on ne le disait pas, ce qu’on en pensait. On ne disait rien. On les regardait partir, on en voyait peu revenir. Comme des fantômes qui allaient et venaient dans notre existence sans que l’on ne se préoccupe d’eux, remarqués dès lors qu’il était trop tard. On ne l’aimait pas vraiment, Ludmilla. Parce qu’elle avait attiré beaucoup d’ennuis à son district, ou parce qu’elle n’avait été qu’une brindille inutile durant les Jeux et qu’elle avait eu le malheur de les emporter. Parce qu’elle était partie, et avait également eu le malheur de revenir. Parce qu’elle était traquée, alors que personne n’était assez proche d’elle pour se soucier qu’on ne s’en prenne à quelqu’un pour l’atteindre. Parce qu’elle l’avait vécu, surtout. Ce qui se passait en cellule, lorsque le monde s’éteint autour de soi et que les ténèbres de l’oubli engloutissent tout. Avec passion. Avec violence. Et qu’elle s’en était tirée, vivante. Ce qu’elle n’était pas, au fond. Dépouillée de sa dignité, dénudée de ses résistances. Elle était un cadavre, parmi tant d’autres, déambulant encore le regard fou, comme un mauvais justicier dont la quête ne serait pas encore terminée. Mais ce n’était pas une preuve tangible, ce n’était qu’un superflu d’apparence. Son cœur battait, l’air emplissait ses poumons, c’était suffisant. Pour eux. Elle était vivante.

Pas pour elle. Elle était déjà morte. Et s’en était une nouvelle fois allée au-devant des ennuis, cette fois-ci sans qu’une stupide erreur de débutante de la propulse entre des mains prêtes à lui déchirer sa chair et ronger ses os. Sa volonté seule l’avait amené jusqu’ici, sur ce décor qui semblait bien trop doux pour ce qui n’allait pas tarder à arriver. Devant cet homme. Cet homme qui faisait deux bonnes têtes de plus qu’elle, à défaut de ne pas paraître très épais. Milla ne se leurrait pas. Si elle avait connu des colosses aptes à une délicatesse légère, elle n’était pas pour autant étrangère aux carrures plus sveltes aptes à écarteler une personne en deux. D’un calme qui paraissait presque sordide en cette situation, il lui faisait face d’une immobilité qu’elle-même n’avait jamais été capable de tenir. Elle était une personne de mouvement, d’action, de discrétion. Mais se tenir ainsi, en détaillant si ardemment la personne qui lui faisait face à la fois comme pour en apprendre plus sur elle ou comme s’il voyait au-delà, ce regard-là, elle n’en avait vu que trop peu. De ces silences de plomb qui pouvaient anéantir au néant les bonnes volontés d’une personne avant même que le premier round ne commence.

Ludmilla n’était rien, en face de pacificateur. Elle semblait si insignifiante de la manière dont il la scrutait, certainement en s’imaginant qu’une bonne frappe pouvait faire décoller son crâne de son cou si maigrichon. C’était un prédateur, elle le savait. Des individus de cette trempe, elle en avait connu. De trop prés. D’une proximité qui l’avait amenée trop loin. Il ne l’impressionnait pas. Ce n’était pas pour lui que les pulsions de son myocarde s’affolaient dans de belles envolées lointaines. Les os qui se rompent, les asphyxies par étranglements, les litres de sang qui se déversent hors de leurs veines – et la peur panique une fois enfermée dans un endroit restreint dès lors qu’on avait compris sa claustrophobie ; les pinces, les scies, les marteaux, les lames en tout genre. Les sensations diverses engendrées, dévastatrices, tissant perpétuellement d’une lenteur d’agonie un fil ténu entre le pantin et la faucheuse. La douleur était la même, une souffrance transcendante, effaçant la limite entre le corps et l’esprit. C’était physique, c’était psychologique. C’était inhumain, c’était immonde. Et tous les mêmes, pour donner des coups ou arracher des membres humains. Petits, gros, musclés, trapus, alcooliques, charismatiques, c’était sans importance. Tous les mêmes. Ce type aussi surprenant pouvait-il être, n’était qu’un de plus de cette masse. Ce n’était pas lui le plus effrayant. Mais les douleurs insoutenables qu’elle allait se prendre dans la figure. Combien de temps pouvait-elle tenir, avant que sa conscience ne disloque en des débris éparpillés. Son vécu planait sur ses épaules comme une ombre sauvage qui n’attendait que le déclin de cette demoiselle déjà bien assez marquée par les épreuves, pour se rassasier d’elle enfin jusqu’à satisfaction.

Il l’avait débarrassée de ses lames. Ludmilla ne les sentait plus contre sa taille, et ne pouvait se tromper là-dessus. Elle était de ces personnes qui, bien qu’engagées dans la cause, ne supportait absolument pas les armes. Ce n’était pas son truc, ça ne l’avait jamais été. On l’avait presque obligé à se balader avec, pour la défense qu’on lui avait assenée plusieurs fois. Alors le poids si caractéristique de ces quinzaines de centimètres, le mordant du fer froid contre sa peau, elle ne s’y était pas encore assez habituée pour en faire abstraction. Sans, elle se sentait plus légère. Psychologiquement parlant, notamment. Face à l’imperturbable pacificateur, elle se sentait surtout plus faible. Pas faible. Déjà écrasée sous son talon.

Si elle n’appréciait pas la manière dont il l’observait, elle se rendait compte qu’elle aurait préféré qu’il s’abstienne de lui adresser la parole. La voix mesurée de ces hommes qui savaient ce qu’ils faisaient, et qu’ils l’avaient déjà fait mille fois. La voix du prédateur, du bourreau. De l’abomination. Des entrailles de l’Enfer. Elle était venue de son plein gré, avant engendré cette situation parce que tel avait été son choix. Elle devait lui faire face. Outre l’écho de souvenirs d’une longue captivité passée qui lui vrillait les tempes, outre l’appréhension de sentir à nouveau un lame pourfendre sa chair déjà brisée et recousue maintes fois comme un vulgaire chiffon. « C’est rare, de tomber sur quelqu’un qui laisse étrangement toutes les opportunités parfaites pour se faire remarquer. Puis attraper… » Un bien maigre rictus s’afficha à la commissure de ses lèvres, mais son attention était bien trop accaparée à le détailler tant qu’elle tenait encore sur ses jambes. C’était atroce, en quelque sorte, d’anticiper ce qui la ferait chuter. Pas comment, à chacun ses méthodes. Mais le résultat en était le même, simplement. Elle l’avait alpagué comme elle le voulait, il l’avait amené là où bon lui semblait. Ce n’était pas la destination qu’elle avait envisagé. La rebelle avait espéré atterrir dans l’antre des pacificateurs, pour des raisons pratiques. Parce que c’était le lieu où toute information nécessaire était détenue, par les personnes qui s’y trouvaient, par le bâtiment même. C’était leur tanière, et elle aurait grandement aimé y pénétrer. Mais pas ce lieu de désolation en cette heure tardive, si éloigné de toute civilisation en cet instant. Ils étaient seuls. Deux êtres humains. Deux cœurs qui battaient. Un bourreau et une morte-vivante.

Un frisson remonta le long de son échine, quand il prononça son prénom de son intonation d’une neutralité trop sourde. Ludmilla ne savait d’où il connaissait son nom, s’il avait reconnu le visage autrefois enfantin qu’on avait envoyé dans une arène, où s’il avait eu vent de son identité par des personnes qui la traquait. Mais elle détenait la sienne également, il n’avait pas le monopole du privilège d’en connaître un peu plus sur l’autre sans que ce ne soit réciproque. « Salem. » répondit-elle d’une voix presque sèche, le prénom bien plus craché dans dégoût avec une once de dédain. Elle s’était renseignée sur lui. Brièvement. Assez pour connaître son nom, ce qu’il était. Ce qu’il représentait. Mais mettre un prénom sur son visage ne le dépouillait pas de l’inhumanité qu’il lui faisait ressentir. En l’occurrence, c’en paraissait même de trop. Une inspiration. Une autre. Elle en avait besoin, où l’attente de l’atrocité allait la faire sombrer avant même qu’il ne daigne lever un petit doigt. « Manifestement dans des désaccords avec quelqu’un pour se cacher ici. » Ou bien l’avait-il fait par envie. Seulement, d’ordinaire, les charognes se fichaient bien du lieu et de l’attention que leurs affaires pouvaient être. Elle ne s’avançait pas trop dans ce qu’elle supposait, bien qu’elle avait lancé sa remarque plus sur l’intonation de la certitude que sur un doute. Mais aussi bien qu’elle ne voulait pas qu’il devine si clairement ses intentions, elle se doutait qu’elle avait mis le doigt sur quelque chose. L’observation, c’était son truc aussi. « Pas très impressionnant. » La vaillance de son attitude contrastait durement avec l’incertitude chronique qu’elle ressentait. Mais Ludmilla avait appris, depuis. À garder ses faiblesses enfouies. Il n’était pas question de lui donner satisfaction si vite. Et elle avait raison, d’autant plus. Il ne l’impressionnait pas, comme déjà dit. La cicatrice qui l’ornait comme un collier, Milla, elle en avait des biens semblables aussi. Partout. Sur cet homme, cela lui paraissait comme un signe non négligeable de faiblesse. Il pouvait être brisé, lui aussi.

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don't let him rattle your bones › salilla Vide
MessageSujet: Re: don't let him rattle your bones › salilla   don't let him rattle your bones › salilla Icon_minitimeLun 6 Mai - 20:47


it's just beneath the skin.




C’était un sentiment étrange que celui qui animait notre Pacificateur à cet instant précis. Beaucoup auraient songé à de la supériorité. Ce n’en était pourtant pas. Son attitude non plus. S’il se montrait doté du pouvoir de vie ou de mort sur elle à cet instant, c’était qu’il le serait face à absolument tout le monde. Or ce n’était pas le cas. Non ; comment aurait-on pu décrire cette posture qu’il adoptait, cette émotion qui ravageait son cœur à ce moment donné ? Oh, c’est si simple. Directement, on vous dit émotion qui ravage le cœur, vous pensez à l’amour. Mais arrêtez-vous ; imaginez une seconde. Salem, amoureux de Ludmilla ? Le bourreau, amoureux de la proie, de sa victime ? Absurde. Et d’ailleurs, il n’y avait pas la moindre parcelle d’amour, ou même d’affection, au fond de son être entier, à cette petite seconde. Non. C’était un mélange de curiosité, de fascination, pour cet être si fragile et si vulnérable qui s’était présenté à lui en toute connaissance de cause. Il l’avait attrapée, certes. Mais quel mérite avait-il ? À en croire les agissements de la jeune femme, elle s’était trouvée volontairement dans ses pattes. Livrée à lui. Elle avait sûrement ses projets, ses objectifs. Venir le voir lui était autre chose. Il avait ce sang froid et ce tempérament, d’un calme marmoréen. Il ne s’énervait jamais, se muant dans ce que parfois les gens décrivaient comme un autisme léger. Cela leur plaisait, de le décrire comme atteint de cette maladie ? Très bien. Qu’ils fassent. Cela lui était des plus égal. Il avait au moins le mérite de ne pas coller une balle dans la tête de chaque personne qui se présentait face à lui avec une dégaine déplaisante. Ce mérite de ne pas saigner un rebelle avant de l’avoir amené dans les cachots des Pacificateurs. Ou dans un recoin plus reculé ; comme à cette seconde précise. Les bords d’un lac. Il n’avait rien, ici. Rien, hormis le peu d’armes qu’il avait emportées. Hormis les couteaux, chapardés à la jeune fille pendant son sommeil. Il n’avait rien. Pas de marteau, pas de barre en métal… Ah si, il avait une barre en métal. Il l’avait amenée, en renfort au cas où un coup de poing n’aurait pas fait tomber la petite poupée de chiffon. Prévoyant, le Salem. La barre était posée un peu plus loin, dans les feuilles, masquée par un tronc d’arbre. Il n’avait pas de pince, pourtant. Bien. Elle ne perdrait pas de dents, et n’aurait donc pas besoin de lui écrire les informations. Pourtant, il n’en était pas là. La torturer, physiquement ? Certes, c’était une éventualité qu’il avait longuement envisagée, si par longuement l’on entendait par là le temps qu’il avait pris à venir la déposer contre cet arbre. Il lui ferait du mal. Pour le plaisir de voir couler un peu de ce liquide vermillon sur sa peau si pâle. Elle était une rebelle. Elle méritait de mourir. Mais étrangement, ce n’était pas le but premier qu’il s’était fixé, en la ramenant ici. Alors quel était-il ?

Lentement, Salem cligna des paupières. Les mots étaient sortis d’entre ses lèvres, ponctués de son habituel détachement. Aucune hâte, aucun empressement. Il n’avait pas à en faire preuve ; ils avaient tout leur temps. Et il n’avait pas particulièrement sommeil. Pourtant, face à son intonation calme et paisible, Ludmilla avait tiqué. Ou plutôt répondu ; à sa manière. Du dédain qu’avaient tous les gens comme elle pour tous ceux comme lui. C’était trop simple. Un enchaînement de phrase, un enchaînement de clichés. Cela ne l’attirait pas. Elle connaissait son nom ; bien évidemment. Le moindre doute qu’il aurait encore pu émettre, face à sa réelle tendance de se faire attraper, venait de s’évaporer. C’était bel et bien volontaire. Cette certitude acheva de déposer un voile de tranquillité sur les traits de notre Pacificateur. Elle poursuivit, sur ce ton méprisant et voilé d’assurance. Elle était blessée. Petite chose meurtrie. Pauvre petite bête, prise encore une fois dans un piège dont elle avait fabriqué elle-même les fils barbelés. L’ombre d’un sourire flirtait avec ses lèvres, transparent et doucereux. À quoi jouait-il ? Excellente question. Il plissa les yeux lorsqu’elle acheva, sur ce qu’elle semblait vouloir considérer comme une petite pique. Fille solide, morceau de viande déjà dénervé par de trop nombreux Pacificateurs. Elle en devenait souple, malléable. Tendre. Mais pas pour en récolter ce que tout homme normalement constitué aurait voulu. Cet aspect fondant n’était pas fait pour craquer, mais bel et bien pour résister. Accepter l’idée qu’elle souffrirait, quoi qu’il puisse arriver par la suite. Se faire à la pensée de son supplice prochain. Elle était là. Dressée face à lui. Dans toute sa superbe, ses cheveux blonds quelque peu mis en valeur par la clarté de la lune. Il apparaissait comme une tache sombre, un puits noir absorbant la moindre petite étincelle d’espoir. La plus petite lueur de sérénité était soufflée, perturbée par la présence de cette carcasse vide, de cette étoile morte. Morte, mais jamais vraiment née. Ainsi était-il. Salem Hyde-Earnshaw. Le prédateur. Le bourreau de cette petite chose. Pourtant, il ne rentra pas dans son jeu. Ne s’énerva pas. Il ne le ferait pas. Le simple sourire qui se posa sur ses lèvres était suffisant. Suffisant à tout exprimer. Il souriait. Cet air du démon, posé sur ses traits d’ordinaire figés en un rictus dur et brusque. Il souriait. Félin aux dents aiguisées, crochets acérés et nimbés de venin. Prêt à fondre sur sa proie ; sa pauvre proie. Mais ne le faisant pas. Il souriait. Monstre de sérénité et de contrôle intérieur, dévoilant une nouvelle face de lui-même. Pas la plus belle. Pas la plus triste. Certainement la plus inhumaine. Il lui souriait. Et ce geste à lui seul témoignait de toute l’attention qu’il lui portait. Au travers de sa désinvolture, au travers de son flegme légendaire et de ses paroles banales, destinées selon de nombreux points de vue à la mettre mal à l’aise et à l’effrayait. Foutaises. Ils ne comprenaient pas. Personne ne comprendrait jamais. Car Salem souriait.

Il ramena ses bras, les croisant sur sa poitrine, sans se départir du léger rictus peint sur son visage. Elle voulait jouer à ce petit jeu. La rebelle face au Pacificateur. Quel intérêt ? « En plus de me déstabiliser, tu viens de me vexer comme personne ne l’avait encore jamais fait. » Ce regard doucereux. Inquiétant. Son sourire. Et ce ton… Si plat, si sourd. Si neutre, si flegmatique. Mensonge. Bien entendu. Aurait-il été réellement vexé qu’il ne l’aurait pas manifesté avec davantage d’émotions, en lui brisant le poignet tout en commençant à laisser son rasoir couler le long de sa gorge. Aurait-il réellement été déstabilisé qu’il aurait froncé les sourcils, la regardant d’un air inquiet et totalement fermé, imperméable à tout ce qui les entourait. Mais il était paisible, comme rarement encore il ne l’avait été, ces derniers temps. Il la dévisageait. Continuant de sourire. « Si tu as envie de jouer au jeu du chat et de la souris, ce n’est pas moi qui vais t’en empêcher. » Il s’en fichait. C’était juste… Moins amusant. Et son regard le laissait sous-entendre, alors qu’il poursuivait, sans laisser la moindre émotion trahir son timbre de voix sans reliefs. « Mais je te crois suffisamment intelligente pour me servir autre chose que ce ramassis de fausses méchancetés. » Elle voulait réellement le mettre en colère ? Bon courage. Il n’avait pas la moindre intention de s’énerver face à elle. Et n’avait pas nécessairement non plus pour objectif de lui couper les doigts pour lui faire cracher des informations pour lesquelles il n’avait pour le moment aucun intérêt.

Restant stoïque et droit, son sourire flottant toujours sur son visage aux traits du bourreau, il prit le parti de ne rien ajouter. Tant de légères questions lui brûlaient les lèvres, ou tout du moins les réchauffait. Tant de curiosité de fascination. Il ne voulait pas la torturer, ne voulait pas lui arracher toutes ces informations qu’il aurait pu vouloir. Il était intrigué. Réfléchissait. Restait calme. Son sourire retombait, le plus lentement et le plus naturellement du monde. Il n’avait pas envie de rentrer dans le classique cercle du Pacificateur et de sa pauvre petite victime. Elle était venue de son plein gré, non ? Alors pourquoi ne pas tout simplement s’interroger sur les raisons de sa présence, et les raisons de son choix ? Le District Trois ne manquait pas de Pacificateurs. Alors pourquoi lui ?

Il attendait. Elle finirait bien par parler. Peut-être pas lui apporter ce qu’il espérait, mais quelle importance ? Après tout, elle l’avait bien rapidement remarqué ; ils étaient seuls. Isolés. Ils avaient toute la nuit pour discuter. Dusse-t-il faire usage de la force ou non. Ce serait sûrement nécessaire. Et ç’aurait lieu. Pour son simple plaisir, après tout. Mais il restait calme. Prenait son temps. Se délectant davantage de la perspective d’une réelle discussion que de celle de retomber dans un classique interrogatoire, ennuyeux au possible. Alors oui. Salem attendait. Tranquille. Détendu.

Après tout, n’était-il pas normal de conserver toute sa sérénité dans un endroit aussi apaisant ?
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