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 Paradise Lost ▲ Isaac & Ambre & Laurel

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Paradise Lost ▲ Isaac & Ambre & Laurel Vide
MessageSujet: Paradise Lost ▲ Isaac & Ambre & Laurel   Paradise Lost ▲ Isaac & Ambre & Laurel Icon_minitimeDim 16 Mar - 19:37

Paradise Lost ▲ Isaac & Ambre & Laurel Tumblr_inline_mhrm3py8cI1qz4rgp

"The mind is its own place, and in itself can make a heaven of hell, a hell of heaven"

Le jour se lève avec une lenteur languissante, comme si le soleil ne s’extirpait qu’à contrecœur des longs bras de la nuit. Debout devant la fenêtre, j’observe le ballet hésitant de quelques flocons de neige dans la lumière naissante. Je me surprends à sourire, malgré le froid, malgré mes craintes, malgré tous les petits désagréments qui ponctuent ma vie, comme le toit qui fuit éternellement ou mes chaussures éculées. Sans raison apparente, je suis heureuse ce matin, dans cette cuisine chauffée à grand-peine par le vieux poêle récalcitrant, à prendre mon petit déjeuner seule pendant que ma famille dort encore. Je songe que ma vie est belle comparée à celle de beaucoup. Je songe que j’ai une chance incroyable de vivre dans cette petite cabane miteuse pour d’autres mais douillette à mes yeux, un endroit que je peux appeler mon chez-moi. Une chance, surtout,  de vivre au même endroit que deux êtres plus chers à mon cœur que n’importe qui d’autre au monde, deux personnes que je peux appeler ma famille. Avant, la famille, c’était Maman et mon beau-père, elle belle et lumineuse comme un rayon de soleil au printemps, lui distant et taciturne, évitant toujours mon regard. Avant, la famille, c’était Isaac et moi, orphelins depuis cet incendie terrible qui avait ravagé notre maison, survivant comme nous le pouvions, farouches et sauvages comme des chats errants. Maintenant, il y a Ambre. Je n’aurais jamais cru que nous pourrions devenir si proches, nous qui ne sommes pas de la même famille et qui avons finalement assez peu en commun. Mais voilà déjà des années qu’elle vit avec mon frère et moi, qu’elle travaille à nos côtés, qu’elle dort dans la même chambre que moi. Elle fait partie de notre famille. Par bien des aspects, c’est la sœur que je n’ai jamais eue, l’amie invraisemblable qui sait me faire rire ou pleurer, l’alliée précieuse qui nous a tirés plusieurs fois d’une mauvaise passe. Après plusieurs années de chagrin et de difficultés, avec la mort de mes parents et puis de Dav, nous finissons par voguer sur des eaux plus calmes. Nous n’avons encore jamais été aussi forts, notre groupe jamais plus harmonieux. Je prie tous les dieux pour que ça ne change pas, pour que la lettre que j’ai reçue il y a quelques jours ne vienne pas tout détruire.

La bouilloire se met à siffler, et je l’ôte rapidement du feu pour ne pas réveiller Isaac et Ambre. Je prends une tasse à laquelle il manque une oreille et verse l’eau bouillante sur quelques feuilles de menthe et d’ortie. Rêveuse, je me demande ce qu’il arrivera lorsque mon frère trouvera enfin une femme qui lui convient. Cessera-t-il un jour de courir tout ce qui porte jupon et de rentrer fin ivre à la maison ? Et Ambre ? Elle est jolie, et je suis sûre que sous ses airs de dure à cuire se cache un cœur d’or. J’ai peur, je l’avoue, qu’ils finiront par se marier chacun de son côté et qu’ils quitteront notre cabane pour aller s’installer ailleurs. J’ai peur de me retrouver seule, parce que je n’imagine pas trouver un jour quelqu’un qui puisse m’aimer autant que je l’aimerai. Peut-être est-ce mieux ainsi. Ma vie est dévouée à mes patients, à ma petite famille. Il n’y a pas de place pour quelqu’un d’autre. Pour le moment, nous sommes encore à trois, nous sommes encore heureux, et c’est tout ce qui compte. Un bruit sourd à la porte me fait sursauter. Je l’ouvre prudemment, mais je ne vois personne. Ce n’est que lorsque je sens la douceur de sa fourrure contre mes jambes que je remarque la présence du chat. « Encore toi ? » Il me fixe de ses incroyables yeux verts. Un courant d’air me fait frissonner, et je referme rapidement la porte. Le chat s’installe calmement sur la chaise d’Isaac, se fait les griffes sur le bois avant de poser sa tête sur ses pattes avant. Mon frère sera furieux que j’aie encore laissé entrer ce matou, mais je n’y peux rien. Ce n’est qu’un pauvre diable, errant de çà de là à la recherche d’un peu de nourriture et de chaleur. L’été, il disparait dans la forêt pour chasser la musaraigne et les oiseaux. L’hiver, il vient souvent chercher refuge chez nous ou chez d’autres humains accommodants. Je l’aime bien, et c’est pour ça que je ne lui ai pas donné de nom. Je veux qu’il reste « le chat », entité mystérieuse et sauvage, libre et incontrôlable. Parfois, il m’aide à croire que je peux être libre moi aussi.

La vieille horloge de la Grand-Place sonne l’heure. Il est plus tard que je pensais. Je devrais déjà être partie. Le thé est trop chaud et je me brûle la langue dans ma hâte d’en finir avec mon petit déjeuner. J’enfourne une tranche de pain compact avec une fine couche de confiture de ces petites baies légèrement sûres qui poussent près de la rivière. J’offre le dernier bout de pain au chat, qui l’accepte après l’avoir reniflé avec un certain air de dégoût. Même lui ne peut pas se permettre de faire la fine bouche ; c’est l’hiver, et la nourriture manque à tout le monde. Certains seraient même heureux de mettre mon ami félin dans leur casserole, s’ils parvenaient à l’attraper.  Il n’est pas beau, ce chat. C’est un véritable sac d’os, noir comme la suie, avec une vilaine cicatrice à l’oreille gauche. Mais sa fourrure est lisse depuis que je l’ai débarrassé de la vermine qui le rongeait, et son corps chétif dégage une chaleur douce et irrésistible. Son regard serein me suit pendant que je mets la table pour Ambre et Isaac, enfile mon manteau et mes bottes. Une fois dehors, il me suit à son propre rythme alors que j’emprunte le chemin de la rivière, le cœur battant trop vite. Il n’y a pas un bruit, hormis le craquement de mes pas sur une couche de neige vierge. C’est dimanche, et les bûcherons fatigués en profitent pour se reposer et pour fuir le froid qui harcèle notre District depuis plusieurs semaines. L’hiver est la pire des saisons pour nous qui vivons dans un District au climat rude. Le manteau blanc de la neige évoque un linceul, recouvrant les couleurs de la pauvreté sans duper personne. Les trains de marchandises arrivent souvent en retard, et je ne compte plus le nombre de personnes que j’ai vu à ma porte, souffrant d’engelures, de refroidissements ou de la faim. La moitié du District semble être atteint d’une mauvaise toux. Mais toujours, les cheminées de l’usine où je travaille vomissent des nuages de fumée, et les gens s’y rendent six jours sur sept pour travailler le bois rapporté par nos courageux bûcherons. Il fait froid dans l’usine, mais au moins le vent n’y souffle pas et nous recevons parfois des rations de nourriture supplémentaires. Le Capitole nous méprise peut-être, mais il a besoin de nous pour livrer ses précieuses denrées, et pour cela il faut que nous restions en vie. J’ai de la chance, car entre les talents de chasseur d’Isaac, les pratiques illégales d’Ambre et les objets que les gens me donnent en échange de mes services, nous arrivons toujours à nous en sortir.

Je plonge mes mains dans mes poches et je sens, au fond de celle de droite, quelque chose qui n’est pas censé être là. Un petit papier froissé. Une lettre, pour être précise. La lettre. J’avais presque oublié cet objet dérangeant dans ma poche, j’avais presque oublié que c’est à cause de lui que je suis le chemin de la rivière, à la recherche de son auteur. Je ne sais pas si je suis courageuse ou stupide, sensée ou folle. Peut-être aurais-je dû rester à la maison, dans la douce quiétude du dimanche matin, au lieu de sortir pour affronter la neige et les dangers. J’aurais pu continuer à être heureuse. J’aurais pu prétendre ne jamais avoir reçu ce petit papier. Peut-être aurais-je même eu la force de le jeter dans le feu. Mes pas ralentissent alors que je m’approche du grand saule. Le chat a disparu dans les fourrés. Sans sa présence rassurante à mes côtés, je me sens soudain indécise. Pourquoi suis-je venue ici ? Je me force à réfléchir. Suis-je prête à le revoir ? A saisir cette chance qu’on m’offre, la chance d’avoir une vie meilleure ? Et si c’était au détriment d’Isaac, au détriment d’Ambre ? Je me mords les lèvres. Trop tard pour les regrets. Je suis arrivée à destination. Je tourne lentement autour du saule. J’inspecte les buissons qui l’entourent, à la recherche d’un indice de présence humaine. Il n’y a rien. Il n’y a personne. J’ai presque honte de ressentir à la fois un soulagement intense et une déception dévorante. Suis-je trop tôt, trop tard ? Est-il déjà parti ou pas encore arrivé ? Il n’y a pas une seule empreinte de pas dans la neige, mais il pourrait parfaitement avoir masqué ses traces. Au fond, peu importe. Je n’attendrai pas un instant de plus, dans le froid, à me ronger les sangs. Je n’aurais jamais dû venir ici. Je repars en sens inverse, le cœur lourd, le pas léger. C’est peut-être lâche de ma part, mais je m’en fiche. Ma place est au village des pauvres, auprès de ma famille. J’ôte une moufle et je comprime le bout de papier jusqu’à ce qu’il ne soit plus qu’une petite boule dure, une petite boule de vérité que je remets dans ma poche avec l’intention de la détruire plus tard. Le vent forcit et je mets ma capuche pour me protéger de son baiser glacial.

A l’entrée du village, je remarque deux silhouettes qui se dirigent dans ma direction. Mon cœur fait un bond, car je les reconnais aussitôt : Isaac et Ambre. Ensemble. Sont-ils à ma recherche ? Probablement pas. Ils savent que j’ai besoin de m’isoler de temps en temps, et ils ne demandent jamais de comptes. Ils ont sans doute simplement envie de se promener. Difficile à dire de loin, mais j’ai l’impression qu’ils bavardent avec animation. Je souris. Depuis le retour d’Ambre, je craignais que la tension entre mon frère et elle ne débouche en dispute. Lorsqu’elle était au Capitole, mon frère n’a pas cessé de boire et de ramener des filles à la maison. Une preuve de plus qu’Ambre nous est devenue indispensable. Sur un coup de tête, je décide de me cacher derrière le coin d’une maison pour les attendre. Je ramasse une poignée de neige molle sur l’avancée d’un toit et en fais une boule. Ils approchent. J’entends leurs voix, mais je ne comprends pas encore ce qu’ils disent. Puis j’entends Isaac : « ...et je dirai à Laurel qu’elle… ». Je n’attends pas plus longtemps. D’un bond, je me mets à découvert, tout en projetant la boule de neige sur mon frère. Par un miraculeux hasard, elle atterrit droit sur sa joue avant de dégouliner dans son cou. Il pousse un cri de surprise. « Bonjour frérot. Salut Ambre. »  J’espère qu’ils ne remarquent pas que mon sourire est un peu crispé. Sans doute pas. Ils sont trop surpris de me voir ici, et surtout de voir Sainte Auri jeter des boules de neiges sur d’innocents passants. Il ne leur faut d’ailleurs pas longtemps pour réagir et pour se mettre à leur tour à ramasser de la neige. Je m’enfuis en courant, je reçois une boule dans le dos pendant qu’une autre siffle au-dessus de ma tête. « Raté ! » J’entends le rire de mon frère. Rien d’autre ne parvient à me rendre aussi heureuse, et je me sens presque obligée de rire à mon tour. L’escarmouche tourne vite à la bataille en règle. Ambre reçoit une boule de neige qu’Isaac me destinait. Isaac glisse sur une plaque de verglas et s’étale de tout son long dans la neige. J’ai de l’eau glacée dans les chaussures. Je finis par lever les mains en l’air pour signaler ma reddition. « Pitié. Je me rends. Je me rends ! » Je reprends mon souffle, les joues rougies par le froid, souriant de notre puérilité. « Envie d’une promenade ? » Nous n’avons rien de mieux à faire, rien de mieux que de rester dans notre cahute et de nettoyer l’âtre ou de repriser de vieux vêtements. Autant s’amuser tant que c’est possible… Et puis, il existe une chance qu’il se rende à ma maison après notre rendez-vous raté… et je ne veux pas qu’Isaac ou Ambre le voient. A mon grand soulagement, ils acceptent tout de suite. Nous nous dirigeons vers la forêt, bras dessus, bras dessous, bavardant et riant, comme une petite famille parfaite.
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MessageSujet: Re: Paradise Lost ▲ Isaac & Ambre & Laurel   Paradise Lost ▲ Isaac & Ambre & Laurel Icon_minitimeLun 2 Juin - 17:20


la neige blanche aussi rouge que les fraises en été.  

Le ciel de l'aube est encore noir. Il ne peut pas me voir. Avançant d'un pas presque trop calme, il ne m'entend pas arriver derrière lui. Je le prends par surprise, étant plongé dans la pénombre derrière lui, flou à ses yeux. Fier de moi, je ne peux réprimer le rictus d'un sourire. Ce matin, je vais pouvoir satisfaire mon envie de vengeance. D'une main assurée, j'enfonce alors violemment mon couteau aiguisé dans son dos, pris d'une bouffée d'adrénaline. Si Laurel savait où est passé son couteau de cuisine. J'dis pas qu'on bouffe mal, mais si au moins il peut servir à quelque chose, autant ne pas s'en priver. Par chance, je n'ai pas besoin de faire le moindre effort, la lame s'enfonce dans la chaire comme dans du beurre. Tétanisé, il arrête alors de bouger. Tombant de face, il réprimande un cri et s'agite pour m'échapper. Fixant ma victime avec avidité, je m'approche plus près de lui, en profitant pour le bloquer à terre contre mon torse et mon bras libre. J'avance ensuite ma bouche vers sa tête, jusqu'à être assez près pour qu'il puisse sentir mon souffle contre sa nuque ; et, je lui murmure dans le creux de l'oreille : « Ne bouge pas trop, ça sera rapide. Tu ne sentiras rien de plus qu'un coup sec. » Posant alors avec brusquerie ma main sur sa tête, la plaquant au sol et l'empêchant alors de faire du bruit, je remonte avec violence le couteau le long de son dos, sentant sa chair se déchirer par à-coups. Je ne suis pas un grand amateur de souffrance, je ne la connais que trop bien pour m'en délecter tel un sadique, mais j'avoue jubiler à le voir se tortiller ainsi ; je comprends maintenant mieux l'engouement des pacificateurs pour les flagellations en place publique, avec des spectateurs, ça doit être encore mieux –surtout des spectateurs qui ne peuvent rien dire, qui ne peuvent que vous soutenir sous peine de recevoir le même sort-. Son corps effectue alors des soubresauts de doucheur. Il est parcouru de secousses tandis que le sang s'échappe de la plaie béante. « Ne fais pas l'innocent mon gars, tu savais parfaitement ce qui allait t'arriver en te frottant à moi. » Avec empressement et emballement, nos regards se croisent. Le sien est suppliant, las, fade tandis que le mien est violent, brusque, meurtrier. Ne le laissant toujours pas s'exprimer, ma main inlassablement collée contre sa mâchoire et sa bouche, je rétorque : « Ne me regarde pas comme ça mec, tu l'as cherché, fallait pas que tu me voles mes collets. Chacun ses lapins. Ce n'est pas moi le méchant dans l'histoire, oh non ! J'te rends juste là monnaie de ta pièce. » Dans bruit de déchirement, je lui ôte définitivement la vie, tranchant la peau rugueuse de sa gorge. Son sang se repend alors sur le sol, formant une masse informe, liquide et sombre qui se mêle rapidement aux aiguilles de pin et à la terre humide. Je vais avoir du mal à nettoyer tout ça.

Me relevant, j'attrape son corps par l'arrière, tirant sur sa jambe, et le fait pivoter sur les flancs. Ne pouvant ramener une dépouille de ce genre à la cabane sans attirer l'attention, autant celle d'Ambre et d'Auri que celle de nos rares voisins –et disons qu'il est loin d'être léger-, je le dépouille sur place, vidant mon carquois pour ramener le maximum de morceaux à la maison. La nourriture se fait rare ces derniers temps, alors on ne va pas se priver d'une si belle prise, surtout quand le corps est encore chaud. Je ne dis pas que j'approuve ce genre de nourriture, mais disons qu'on fait avec ce que l'on trouve quand l'hiver vient. Retirant en premier la peau et la toison, qui peut certainement se vendre un très bon prix, je prends soigneusement le temps de lui retirer la tête, alors décharnée sans sa toison, voulant l'avoir loin de ma vue pour ne pas tourner le l'œil. Découpant les parties les plus amènes d'êtres comestibles, je fais baigner mes mains dans le sang et tache mes vêtements. Déchirant la chair et broyant les os le plus proprement possible, je peine à trouver de bons morceaux. « Saleté de puma, que des nerfs là-dedans ! J'l'ai tué pour que dalle, y a rien de mangeable en plus ! Putain. » Pestant encore longtemps dans le silence des bois contre cette sale bête, je finis par rentrer à la cabane avec le carquois plein de petits bouts de viande. En les faisant sécher, on arrivera certainement à en garder jusqu'au printemps. Entrant dans la cabane en silence, me doutant que les filles doivent encore dans les bras de Morphée, je dépose mes affaires dans la réserve. Entendant la bouilloire siffler dans la cuisine (signe qu'une des deux est réveillée), je fais le détour dehors par l'arrière de la cabane et entre dans ma chambre par la petite fenêtre. Je préfère qu'aucune d'elles ne sache que j'affectionne les petites balades nocturnes pour tuer des gros chats, et mieux vaut qu'elles ne s'aperçoivent pas de mon état actuel. Je suis plein de sang, des mains jusqu'à la chemise en passant par le visage. Disons que je ne ressemble pas vraiment à un gars qui vient de partir chasser, mais plus à un violeur, à un tueur en série, ou à un présentateur du capitole. Oui parce qu'avec leurs modes stupides, les capitoliens ont des fois des principes vestimentaires et physiques à en faire des cauchemars pendant des semaines et des semaines. Me déshabillant rapidement (en gros, foutant tout en boule sous le lit, ne gardant que mon caleçon), et me passant un peu d'eau sur le visage avec ce que j'ai gardé dans une bouteille, je retourne moi aussi me coucher. Le sommeil me gagne rapidement, particulièrement accueillant cette nuit.

Je m'éveille quelques heures plus tard, plus que reposé. Ces derniers temps, je chasse d'avantage de nuit, et j'ai donc pris le rythme pour ce genre d'escapades. Enfilant un pantalon propre et une chemise, je prends mes affaires sales et sors de la chambre pour aller les faire tremper. Le sang possède une odeur particulièrement infâme, et disons qu'elle est plutôt difficile à faire partir également. Laissant donc mes vêtements baigner dans la bassine, je me dirige vers la cuisine. Mes pieds nus sur le sol froid font craquer toute la cabane. Je trouve la cuisine vide à mon arrivée. Laurel doit être dehors vu que la porte de sa chambre était ouverte quand je suis passé devant. Sur la table, le service du petit déjeuné est déjà mis. Assiettes, bols, couverts. L'eau à refroidis dans la théière, mais elle est encore assez chaude pour faire du thé avec des feuilles de menthe. Je m'en sers donc une tasse. La chaleur qui s'échappe du thé m'envahit rapidement. À la fenêtre, un rouge-gorge donne des coups de bec dans l'espoir d'enter et d'échapper à la neige qui tombe par gros flocon dans son bal silencieux. Une chouette hulotte, aussi silencieuse et gracieuse que la neige qui l'entoure, passe à ras le sol et s'envole un mulot entre les serres. J'apprécie le calme de ce moment. Il faudra que je m'en souvienne si je pars pour l'arène. Du calme qui règne dans la cabane ce matin, de cette petite chouette et du thé à la menthe de Laurel. Attrapant un bout de pain plutôt dur, je mâche sans grande conviction, plus pour me remplir le ventre qu'autre chose, mais appréciant de pouvoir en manger quand même. Alors à ce moment-là, je me met à sourire. Tout seul dans la cuisine avec mon bout de pain et ma tasse de thé ; comme un gamin qui voit une paire de seins pour la première fois. Le genre de sourire sincère, provoqué inconsciemment par cette suite d'instants qu'on appelle : bonheur. Vous savez, ce moment où vous vous croyez invincible, plus fort que tout et tout le monde ; ce moment où vos problèmes sont loin de vous, et où la seule chose qui compte, c'est l'instant présent. Je souris parce que je suis heureux tout simplement.

Mais les bonheurs simples ne durent jamais. Lorsqu'Ambre entre en trombe dans la cuisine, j'échange rapidement mon sourire contre ma gueule de con habituelle. Il ne faudrait quand même pas qu'elle m'aperçoive comme ça ; et ma réputation de petit emmerdeur fini ? Reposant ma tasse, je lève les yeux vers elle, et lui adresse un : « Bonjour ! » Étrangement souriant. Oui bon, tempis pour la tête de con aujourd'hui. L'observant s'asseoir sur sa chaise et procéder à son rituel du matin, je me fais la réflexion du fait que je ne prends jamais le petit-déjeuner avec les filles. La plus part du temps, je suis déjà au travail, sinon c'est que je me suis pris une cuite monumentale la veille ou qu'elles, sont déjà au travail quand je me lève, mais c'est déjà plus rare que les deux premières options –disons que j'ai une tendance particulière à vouloir étancher ma soif, même quand je n'ai pas soif- . Posant une main sur ma chaise pour tirer les plis de mon pantalon, je sens de petites marques irrégulières sous mes doigts. Des griffures. Putain, Auri a encore laissé entrer ce sale chat... Un jour il ne va pas vouloir partir et ça nous ferra une bouche de plus à nourrir. Au pire, on le passera à la casserole ! Mais bon, je ne préfère pas. On avait un petit chat blanc quand j'étais gosse, et j'aurais impression de le manger lui ; j'crois d'ailleurs que c'est ce qu'a fait mon père un jour... Chassant cette idée répugnante de ma tête, je reporte mon attention sur Ambre. Égale à elle-même, elle ne dit rien. Rompant son précieux silence, je lui demande : « Bien dormi ? », et écoute attentivement sa réponse. J'hésite quant à parler du puma avec elle, mais je me dis que je petit déjeuner n'est pas vraiment le bon moment pour aborder un massacre nocturne, même s'il consiste à nous nourrir pendant un bout de temps. Le contrejour m'empêche de voir distinctement son visage, mais le halo lumineux lui donne presque un côté angélique, presque pur avec la lumière blanche de la neige émanant jusque dans la cabane. Enfin, j'ai bien dit presque parce qu'à partir du moment où elle se décale, elle redevint la petite blonde pleine de taches de rousseur que je connais, la fausse dure à cuire qui se la joue inaccessible alors qu'au fond, je sais parfaitement que ce n'est pas le cas. Je vis depuis plusieurs années avec elle, et il suffit de l'observer un minimum. Déjà, le simple fait qu'elle ne puisse tuer un lapin en chasse prouve bien qu'elle n'a rien d'une grosse « dure ». Non, Ambre est bien des choses, mais pas ça ; elle est forte, courageuse, chiante, insolente, acharnée au travail et légèrement coincée (enfin, c'est ma vision des choses), mais je ne pense vraiment pas que de soit une « dure à cuire ». Et puis disons que madame fait bien penser ce qu'elle veut à qui elle le veut et quand elle le veut ; je ne mentionnerais pas l'épisode de la danse avec son vainqueur, ni nos nombreuses disputes... Sans oublier son petit côté madame je sais tout. Mais au fond, ambre ne serait pas ce qu'elle est sans tout ça, et depuis le temps, j'avoue apprécier tout ça. Au moins, la cabane ne manque pas de vie.

Voyant que la neige s'est arrêtée de tomber dehors, je pose ma tasse et tout en donnant un coup de menton dans la direction de la fenêtre, propose à Ambre : « Ça te dis qu'on sorte prendre l'air ? Toute cette neige ça me donne envie de sortir ! » Beaucoup de personnes trouveraient cette neige encombrante, gênante pour les transports qui doivent s'effectuer vers le capitol aujourd'hui, contraignante pour les travailleurs extérieurs ; aussi synonyme de faim et de froid. Mais pour moi, le manteau blanc qui recouvre le sept en hiver m'est beaucoup plus agréable que n'importe quel autre temps. Il s'oppose à l'été, temps de la moisson, temps des jeux, temps des morts. La neige me rappel mes longues journées de jeux, lorsque l'école était fermée à cause de l'encombrement, le temps de l'innocence en somme. Et puis, cette neige fait chier tout le monde et ça me plait d'aimer quelque chose que presque tout le monde déteste ici. Me levant, je débarrasse ma table et m'habille pour sortir. J'opte pour une veste épaisse, l'écharpe qu'Auri m'a offerte pour mes quinze ans et ma paire de chaussures de travail ; en gros, ce qui me tombe sous la main. Ambre me rejoint quelques minutes après et nous sortons ensemble dehors. Le froid me fouette le visage ; dans le cocon chaud qu'était la cabane ce matin, j'avais presque oublié le froid. Esquissant un sourire, je prends les devants et suis des traces de pas presque effacés. Je dis donc à Ambre en désignant les traces : « Auri. » Commençant à suivre les traces, j'abandonne vite l'idée. Si Laurel s'est échappé ainsi ce matin, c'est qu'elle avait besoin de solitude, et non de deux gamins immatures la poursuivant partout. Interrogeant regard du Ambre sur la direction à prendre, je finis par la suivre. Notre progression est lente, silencieuse, mais loin d'être désagréable. Comme si nous nous taisions pour préserver le moment, sa beauté éphémère et presque pure. Nos pas s'enfoncent dans la neige, et le bruit irrégulier des chants d'oiseaux rythme notre marche. Tout en nous dirigeant vers l'entrée du district à ce que j'en crois, j'observe le paysage autour de moi. Aux fenêtres, les regards se font curieux mais rares. J'aperçois même des sourires de la part des enfants ne pouvant pas sortir de leurs foyers, mais voulant par-dessus tout aller jouer dans la neige. Frottant mes mains nues entrent-elles –j'ai oublié mes gants-, je tente de les réchauffer. Soufflant dessus, j'y arrive tant bien que mal. Distinguant entre deux maisons l'ombre mouvante d'un petit renard blanc, j'attrape Ambre par la taille pour lui montrer. Pointant du doigt en silence le petit animal, je dis en chuchotant : « Là. » La petite bête, cherchant visiblement à voler de la nourriture, ne nous voit pas. Je déteste habituellement ces bestioles nous volant notre nourriture, mais j'avoue m'émerveiller par moment face à ces créatures. Sentant alors les cotes d'Ambre sous mes mains, je m'écarte immédiatement. Mon geste était irréfléchi et disons, peu habituel. Lui jetant un coup d'œil oblique, j'observe son expression.

Arrivant vers la sortie, ou l'entrée -c'est comme on le souhaite-, je prends à nouveau la parole. « Tu sais, c'est bientôt l'anniversaire d'Auri, et j'avais envie qu'on lui fasse vraiment plaisir cette année... Elle fait vraiment beaucoup pour nous et... Enfin, j'ai pas vraiment besoin de t'expliquer, tu sais très bien comment est Laurel avec nous ! » Ambre me coupe en souriant, comprenant très bien où je veux en venir : « Une vraie mère poule ? » J'hoche la tête en souriant : « Voilà. Je pensais donc qu'on pourrait lui offrir un truc vraiment génial si on s'y met à deux. Elle le mérite. Mais disons qu'Auri n'est pas du genre à dire à tout le monde ce qu'elle souhaite, ni à demander quelque chose de bien précis, vu nos moyens habituels... J'me demandais donc si tu n'avais pas une idée ? » En ce qui concerne ma sœur, je suis une vraie petite chose docile et faible, je l'avoue. Je serais prêt à tout littéralement. « On pourrait sinon s'absenter une journée pour aller lui chercher ces baies qu'elle aime tant, mais qui se trouvent plus loin dans la forêt, après le premier lac ? Et je dirai à Laurel qu'elle... » Je ne termine pas ma phrase. De la neige vient s'écraser contre ma joue, puis dégouline dans mon col. Lâchant un cri de surprise, j'aperçois Laurel, toute fière d'elle, nous saluant. Quand on parle du loup ! J'éclate de rire. Ramassant à mon tour de la neige que je modèle en boule, je riposte, mais la loupe de peu. « Raté ! » Mon rire double alors d'intensité. J'ai l'impression d'être un enfant ! Commençant à faire une seconde boule de neige, je fais mine de viser Auri, mais l'envoie sur Ambre. La neige éclate sur son front, allant se ficher dans ses cheveux. La bataille commence. Essayant d'éviter la riposte d'Ambre, je glisse sur une plaque de verglas et m'étale de tout mon long dans la neige, et fait rentrer de la neige dans mes vêtements. C'est plus que désagréable, mais pour une fois, je ne me plains pas. Exploit ! Me relevant avec peine, je fais une grosse boule que je destine à Laurel, mais cette dernière se rend, les mains en l'air. Secouant mes cheveux pour en faire tomber la neige, j'écoute la proposition de ma grande sœur : « Envie d'une promenade ? » Sachant qu'on est à la base là pour ça, je hoche la tête et jetant un coup d'œil à Ambre, suis ma sœur à vers l'autre côté de forêt.
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