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 a purpose without honor or humanity + (CHESSALEM)

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MessageSujet: a purpose without honor or humanity + (CHESSALEM)   a purpose without honor or humanity + (CHESSALEM) Icon_minitimeLun 6 Mai - 14:22


bang bang, my baby shot me down.





Debout, adossé à un mur. Une main au fond de sa poche, l’autre attrapant sa cigarette du bout des doigts. Il expira lentement la fumée grisâtre, paupières closes, savourant la fraîcheur du vent sur son visage. C’était une journée… Comme les autres ? Non, pas vraiment. Pourtant, cela ne l’empêchait pas de la vivre avec son habituel détachement et son flegme légendaire. Une petite escapade dans un autre district. Voilà ce qu’il avait gagné. Loin des rebelles du trois, loin de toutes ses affaires. Loin de son district d’origine. Ce n’était pas spécialement pour lui déplaire, le seul inconvénient étant la gestion de son établissement en son absence. Il avait délégué les taches, et n’avait pas rechigné. Prendre un peu l’air ne lui ferait pas de mal, après tout. Direction le district cinq. Un homme d’une certaine importance, à ramener entre ces murs auxquels il avait cherché à s’échapper. Pourquoi ? Le Pacificateur n’en avait pas la moindre idée, et s’en fichait réellement. Désinvolte et détaché. Il n’éprouvait pas le besoin d’être au courant de tout ce que pouvait avoir fait cet homme. Il ne s’était pas chargé de son interrogatoire. Cela ne le concernait de toute évidence donc pas. On lui avait demandé de le ramener entre les mains des autorités du Cinq. Et c’était ce qu’il s’employait à faire, accompagné d’autres Pacificateurs. Lorsqu’il était arrivé, il lui était apparu comme évident que son prisonnier subirait une punition publique. Quelle tristesse, vraiment. Rien de tel pour émouvoir son petit cœur… Ou pour le laisser de marbre, et ne même pas lui valoir le moindre haussement de sourcils. Psychopathe ? Inconscient ? Hm. On le pensait même parfois atteint d’une forme d’autisme. Ce qui le faisait réellement rire. Il se taisait, gardait pour lui ce qu’il n’avait pas à dévoiler. Ni plus ni moins. Il paraissait inexpressif, mais chacun de ses gestes voulait tout dire, pour ceux qui savaient les décrypter tout du moins. Ils étaient peu nombreux. Et là, encore, la santé mentale de Salem ne risquait pas d’en être troublée. Il vivait au jour le jour. Sans grande ambition, sans autres projets que ceux d’appliquer les ordres qui lui étaient donnés, et de surveiller que ses frères ne dérapent pas. Todd était instable, Lincoln l’était également. Et lui, il était la force calme de la famille, l’esprit zen. Pas forcément apaisant ; mais celui qui avait le plus grand sang-froid, ça oui. Impassible, en toutes circonstances. Même lorsqu’il balançait son poing dans la figure d’un rebelle un peu trop agité, d’un individu qui avait un peu trop forcé. Il restait calme, un simple petit rictus traduisant à peine son énervement. Il n’élevait jamais la voix, ne laissait pas ce plaisir aux gens. Il attendait. Et frappait. Ni plus, ni moins.

Prenant une longue inspiration avant de venir à nouveau glisser sa cigarette entre ses lèvres, le Pacificateur se redressa quelque peu, inversant la position croisée de ses jambes. Il fourra ses deux mains au fond de ses poches, frottant ses doigts les uns contre les autres pour tenter de les réchauffer. Novembre. Un mois bien triste, un mois bien terne. Entre l’automne et l’hiver. Ni froid ni frais. Une température désagréable, une humidité gênante. Pourtant, il ne s’en plaignait pas. Il ne se plaignait jamais. Son uniforme de Pacificateur le coupait de manière efficace des intempéries. Qu’y aurait-il eu à redire ? Posté là, il attendait. Qu’attendait-il ? Une petite bouille. Une chevelure flamboyante. Il n’avait pas grand espoir de la croiser précisément dans cette ruelle ; et pourtant, il avait l’intuition qu’elle y passerait. Un peu plus tôt ce jour-là, il l’avait surprise. Chaparder sur un étalage. Un fin sourire avait retroussé le coin de ses lèvres, tandis qu’il l’a regardait faire. Jusqu’à ce que le marchand ne la prenne en flagrant délit. Et ne porte la main sur elle. Salem, le preux chevalier ? Hm, non. Seulement l’homme incompréhensible et indéchiffrable qu’il était depuis le jour où ses yeux bruns s’étaient ouverts pour la première fois sur le monde. Il avait empêché le marchand de lui faire du mal. Et la fille s’était éclipsée. Quoi de plus normal ? Il ne s’était pas attendu à ce qu’elle reste et se confonde en excuses. Elle avait volé. Elle avait été surprise. Elle ne pourrait plus s’approcher de cet étalage pendant quelques temps. Alors elle avait filé. Sans demander son reste. Lui, il était simplement parti, sa tenue de Pacificateur et ses quelques intonations sèches et sévères lui donnant tous les pouvoirs. Le marchand s’était tu, non sans pester et grommeler de manière désobligeante. Notre grand brun n’avait pas tiqué. Il avait simplement continué vers les rues plus reculées. Il en avait emprunté quelques unes, traçant de mémoire un itinéraire qu’elle aurait pu emprunter pour se mettre à l’abri. Et il s’était finalement stoppé, attendant avec le plus grand des naturels de la croiser. Ou de ne simplement jamais la revoir. Après tout, qui était-elle ? Une simple gamine, une simple petiote, perdue, à voler sur un marché. Ou pauvre. Il s’en foutait. Il s’en foutait éperdument. Il aurait juste été curieux de savoir… Quoi, au juste ? Là encore, il n’en savait rien. Cela n’était pas pour le perturber. Si elle ne passait pas par ici, ça n’allait pas l’empêcher de dormir. Il continuerait sa vie. Sans se soucier du reste. Comme il savait si bien le faire.

Lentement, son regard sombre se leva vers le ciel nuageux, alors que ses doigts sortaient de l’une de ses poches pour se saisir de la cigarette qu’il fumait toujours. Il expira la fumée, calmement. Quelqu’un approchait. Il n’avait pas besoin de se tourner vers la silhouette pour le sentir, et le savoir. Il attendit encore. Un sourire quasi invisible se dessina sur ses traits durs, alors qu’enfin, il tournait la tête vers elle. Petite princesse déchue, ange tombé de bien haut, et semblant s’être écrasé sur le sol de ce monde avec une brutalité totalement inhumaine. Elle était là. Ses boucles rousses retombant avec charme et souplesse sur ses épaules fines. La petite carrure fine et longiligne, façonnée par la misère et la rudesse de l’humanité, qu’il avait aperçue sur le marché. Elle. Il ne connaissait rien. Pas même son nom, pas même le moindre surnom. Il ne la connaissait pas. Pourtant, il était là. Pourtant, il ne cillait pas, ses yeux plongés au fond des siens, sans le moindre battement de cils perturbateur. Comme si… Comme s’il l’attendait.

Il l’attendait. Sans savoir pourquoi, sans savoir à quelles fins. Mais il l’avait attendue. Et elle était là. Pas un mot ne sortait d’entre les lèvres du Pacificateur, alors qu’il maintenait sa cigarette entre ses doigts, vers le bas, bras laissé le long de son corps. Durant une fraction de seconde, on aurait juré pouvoir lire au fond de lui. Rien que de par son regard. Une fraction, seulement.

Il ne la lâchait pas des yeux. Sans la dévorer. Sans avoir le moindre regard déplacé. Neutre. Ne s’intéressant pas le moins du monde à elle. Tout en étant d’une curiosité légère, elle-même intriguante. Il ne changeait pas. Dans n’importe laquelle des situations, quels que soient les enjeux, ou les circonstances. Il restait identique. Lui-même.

Indéchiffrable.
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MessageSujet: Re: a purpose without honor or humanity + (CHESSALEM)   a purpose without honor or humanity + (CHESSALEM) Icon_minitimeMar 7 Mai - 0:47

    ⊹ from the dawn of time to the end of days i will have to run away


Fuir, fuir. C’est toujours ce que tu fais, non ? Fuir le danger, qu’il soit physique, psychologique ou même chimère. Tu fuis pour un oui pour un non, tu te désistes, tu nies, tu disparais. Tu cours. Dieu que tu détestes ça. Courir, tu ne le fais que quand quelqu’un essaie de t’attraper, c’est ta politique. Chaque fois où tu dois prendre tes talons à ton coup est une fois de trop. Comme pour n’importe quel humain normalement constitué je suppose. Et par normalement constitué j’entends qui ne prend pas de plaisir à sentir ses poumons s’enflammer et ses pieds fouler le sol bien trop vite pour ne pas ébranler la colonne vertébrale violemment. Tu n’es pas de ceux-ci, vraiment. Courir. Et cette impression que la suite dépend de ta capacité à aligner les pas suffisamment vite sans trébucher. Haïssable. C’est un jeu de hasard presque. Ou d’entraînement. Mais tu préfères autant le hasard. Tout est un jeu de hasard dans cette vie. Hasard. Probabilités. Un moment x dans un lieu y avec une personne z présente. Et on peut construire un tas d’équations, toutes plus complexes les unes que les autres, mais non moins intéressantes. Intéressantes ou pas, les maths c’est pas ton truc. Oh, ça l’a jamais été et ça le sera jamais c’est sûr. Laissons là toutes ces équations encadrant le nombre de possibilités qui ont encadré cet évènement, toi tout ce que tu as vu c’était du hasard. Le hasard que, dans cette place de marché y, au moment précis x où tu tendais la main vers un article que tu comptais chaparder, ton regard ait croisé celui d’une personne z se trouvant fortuitement être un pacificateur. Uniforme immaculé, yeux plantés dans les tiens, air blasé. Toi ça t’avait pas blasé. Les pacificateurs et le vol sont souvent une addition qui résulte en la somme du fouet. Fouet dont tu ne veux absolument pas sentir la morsure. Fouet dont tu ne peux pas te permettre la morsure. Coups de fouets, plus de boulot. On reste dans des équations de ton niveau. Ta main s’était figée dans l’air, à mi-chemin entre ton corps et l’objet convoité. Réflexe humain après tout, mais niveau discrétion, on peut repasser. Le marchand n’avait pas ses yeux dans la poche, du moins pas à ce point. Et tu avais senti sa poigne se refermer sur ton poignet, bien trop fort. Brutalité commune pour des hommes bien communs et bien grossiers. Mais plus que de faire réellement mal, ça t’avait surprise. Parce que ça voulait dire qu’il allait te livrer aux pacificateurs. Bah, t’façon quelque part l’autre t’avait déjà repérée. Le brun là-bas. Qui n’était plus là-bas. Mais face à toi. Et les choses s’étaient enchaînées, et tu ne sentais plus la brûlure des doigts sur ta peau, et tu courais. T’avais souri au pacificateur en partant, de ce sourire faussement aguicheur, plutôt que de dire merci. Et maintenant tu cours. Oh, pas très vite, c’est pas le sprint de ta vie. Tu trottines maintenant. Personne n’a essayé de te rattraper, il est donc inutile que tu continues à t’esquinter les poumons. C’est bon pour la santé de courir, c’est affreux. Tes joues sont rouges et tes cheveux partent dans tous les sens sur ton visage. Tes joues sont glacées malgré la chaleur que tu crois sentir émaner de ton corps, due à l’exercice sans aucun doute. Tu marches maintenant, reprenant ton souffle, regrettant le simple fruit que tu voulais voler par ennui.

C’est l’ennui qui guide tes pas à travers ces ruelles désertes. Presque désertes. Au détour d’un mur, tu vois la silhouette. Uniforme blanc, yeux plantés dans les tiens, air blasé. Le même, exactement. Il te regarde. Tu le regardes. Bref. C’est bizarre. Tu t’approches avec méfiance. Au point où tu en es, tu ne peux probablement plus fuir de toute façon. Il n'y a pas d'échappatoire. Dieu sait que les échappées belles c'est fort à ton goût pourtant, mais cela ne peut pas marcher à chaque fois. Il arrive que ça ne fonctionne pas. Aléas de la vie. Ce hasard. Tu le fixes comme il te fixe, chien contre chat, statues de faïence, attendant le point où peut être les choses vont basculer et se briser. Le moment ne vient pas, se fait prier. Silence suspendu entre vous deux. Il est la paire d'yeux qui t'a arrêtée dans tes rapines. Il est la voix qui a empêché le marchand de lever la main sur toi. Il est l'uniforme qui piétine sans pitié innocents comme coupable au seul nom du Capitole. Les pacificateurs. Un très grand atout, inestimables à se mettre dans la poche comme tu en as deux ou trois, mais très dangereux à contrarier. Lames à double tranchant. Et celle-la a l'air fameusement aiguisée. Tes yeux l'examinent de haut en bas sans oublier un détail alors que tu t'appliques à le jauger. Ça ne se fait pas de dévisager les gens. Et alors ? Et alors toi tu t'en fous. La politesse est très loin d'être ton cheval de guerre. Yeux bleus contre yeux bruns.

Tu ne romps pas le contact visuel même en t'approchant d'un pas louvoyant. En diagonale, comme celui d'un félin qui s'apprête à combattre. Mais combattre quoi ? Tu ne ferais pas le poids. Jamais. Tu n'oserais même pas l'espérer. Sauf que c'est comme ça. Posture désinvolte tout en étant défensive. L'art d'une vie. Tu le scrutes à présent avec une espèce d'insolence. Il t'a aidée. Il ne t'a pas poursuivie. Il n'a pas fait basculer ce moment en une quelconque attaque ou même en un quelconque geste. Alors ton devoir est de rompre ce silence.

« Alors, tu vas m'arrêter maintenant ou quoi ? » Ta voix a ce quelque chose de condescendant, d'impertinence qui frôle le défi. Tu te ris de lui. Tout en posant sincèrement la question. Il pourrait t'arrêter. Et s'il le faisait ? Ce serait la fin de Chester. Pourtant tu persistes dans cette attitude. Tu joues à pile ou face. Équation de ses humeurs. Possibilités et probabilités. Tes jeux sont faits. Que les dés soient jetés.
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MessageSujet: Re: a purpose without honor or humanity + (CHESSALEM)   a purpose without honor or humanity + (CHESSALEM) Icon_minitimeMar 7 Mai - 17:40


bang bang, my baby shot me down.





Il lui arrivait de se demander ce qu’il serait devenu, s’il ne s’était pas engagé comme Pacificateur. Question fort intéressante, qui s’amusait à remettre en doute tout ce qui s’était passé durant ces dix à quinze dernières années. Il aurait peut-être tout de même ouvert son établissement, à tout bien y réfléchir. Il aurait eu tout son temps pour le gérer, et aurait de ce fait évité les traditionnelles professions d’ingénieur, ou de travailleur annexe. Au lieu de ça, il s’était engagé. Pourquoi ? Influences familiales, probablement, dans un premier temps. Le désir de faire comme son frère aîné ? Un peu moins. Il n’avait jamais fait les choses que pour lui-même, éliminant parfois les ressemblances avec Todd ou son jumeau, les entretenant d’autres fois. Il se fichait de ce qu’on pouvait penser de ses actes ou de ses envies. Il vivait sa vie comme il l’entendait, et ce depuis tout petit. Il n’avait rien eu d’un petit garçon joueur et épanoui. Il avait passé la plupart de son temps dans son coin, à attendre sagement que le temps passe, ou à s’occuper de ses sœurs. Il n’avait jamais vraiment eu d’amis, n’en avait pas recherché. Il avait fait parti de ces enfants se complaisant dans leur solitude, et n’avait pas changé en grandissant. Il cultivait toujours autant cette absence des autres, ne ressentant nullement le besoin de la combler, se satisfaisant aisément du calme alentour. Il n’avait ainsi pas les pensées embrouillées, aucun parasite ne pouvant le perturber. La fraîcheur du vide autour de lui était un plaisir naturel. Il n’avait pas à parler, il n’avait pas à s’exprimer, ni à mimer son intérêt pour des choses qui lui passaient au-dessus de la tête. Désintéressé, désinvolte. Il pouvait très souvent avoir cette tendance à insupporter les gens, ces traits de caractère en révoltant plus d’un. Lorsque le commun des mortels parlait, il aimait se sentir écouté. Salem, lui, aimait s’enfermer dans ses pensées. S’isoler de l’extérieur. Il ne considérait pas que les autres n’avaient rien à lui apporter, bien au contraire ; ils étaient une mine d’information permanente, une source généreuse et intarissable de savoirs et de richesses. Il ne voyait simplement pas l’intérêt de s’enquérir de manière permanente de leurs acquis et possessions. Il était un homme aux goûts simples, un homme facilement satisfait. S’il avait besoin de renseignements, il irait les chercher. Le reste des discours lui apparaissait comme superflus, un encombrement dont il n’avait cure. Il triait les informations. Écoutait d’une oreille sans retenir, piochant simplement ce dont il aurait pu avoir besoin. Un homme simple. Que les gens trouvaient si complexe. Si indéchiffrable. Une équation impossible à résoudre, comportant un nombre de variables en perpétuel changement. Pas une n’était fixe. Selon eux, tout du moins. L’équation en devenait donc impossible. Ils ne voyaient pas ce qui était sous leurs yeux, en oubliaient de compter les évidences. Le calme, le silence. Voilà ce qui faisait le bonheur de Salem. La tranquillité, le sang-froid. Les qualités requises pour être dans son estime. Et une simplicité d’esprit comparable à la sienne. Ou bien complexité, si vous préférez. Il était étrange, c’était un fait. Mais pas plus que les autres. Pas plus que ses frères, pas plus que ses collègues. Pas plus que cette petite princesse écorchée, face à lui. Pas plus que n’importe quel être humain au pied posé sur le sol poussiéreux de cette planète bleue.

Elle s’approcha, le fixant également. Il était d’une immobilité sans pareille, ne battant pas des cils plus qu’à son habitude. Pas l’ombre d’un sourire, pas l’ombre d’un regard menaçant. Rien qui n’aurait pu démontrer le moindre des sentiments nichés en son cœur. Il la regardait, le plus simplement au monde, guettant la moindre réaction. Elle ne partait pas en courant, comme toute personne peut-être saine d’esprit l’aurait faite. Ou tout du moins, à l’instinct de survie intact. Mais quoiqu’elle fasse, il ne l’aurait pas poursuivie. Pas agressée. Si elle avait pris le parti de s’enfuir, il aurait accepté l’idée. Cette fatalité. Elle se serait éclipsée ; et alors ? Il n’était pas en service. Ou pas dans ce district, en tout cas. Ses ordres étaient clairs, et elle n’avait rien à voir avec eux. Était-ce de la folie ? De l’anticonformisme ? Était-ce trop tordu pour rester incompris aux yeux des autres ? Non. C’était d’une simplicité extrême. Avoir un ordre. Y obéir. Voilà la manière dont il fonctionnait. Et voilà la raison pour laquelle il tira une dernière bouffée de cigarette en écoutant ses paroles, détournant enfin le regard pour fixer ce mégot qu’il venait de jeter au sol. Il l’écrasa du bout du pied, le plus simplement au monde, remettant sa main dans sa poche en relevant les yeux vers la jolie rouquine. Il commença à expirer la fumée avant de lui répondre, de son ton simple et froid, neutre et naturel. « Non. » Le plus calme au monde, il continua de la fixer. Impassible. Pourquoi l’aurait-il arrêtée ? Il n’en avait pas reçu l’ordre. Son bon sens moral de Pacificateur aurait pu lui hurler de le faire. L’attraper. L’assommer. La forcer à se réveiller, au milieu de la place publique. Sortir son fouet. Lacérer son dos, à la peau probablement aussi pâle que ses joues parsemées de taches de rousseur. La laisser retomber sur le sol, agonisante et gémissante. Probablement évanouie sous le coup de la douleur. Mais cela n’avait pas de sens. Il ne l’aurait pas fouettée. Il aurait délégué la tache. Laissé Todd le faire. Laissé son frère la tuer. Hm. Non. Décidément, il préférait la regarder. Il préférait échanger quelques simples mots. Même s’il n’en avait prononcé qu’un seul, sa voix suave s’élevant dans les airs. Simple.

Il ne bougeait plus, expirant les dernières traces de fumée de son nez fin. Il s’était décollé du mur, se plaçant le plus naturellement du monde face à elle. Il la dévisageait. Encore, et toujours. Si elle avait quoi que ce soit à lui demander, qu’elle fasse. Il répondrait à ses questions. Si elle voulait s’en aller, qu’elle fasse. Il ne la retiendrait pas. Il était simplement curieux. De quoi ? Il n’en savait rien. Il n’avait rien à faire, pour le moment. On n’avait pas besoin de lui, Todd était un chien de garde efficace. Et cette fille l’intriguait.

Quel mal y avait-il à cela ?
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MessageSujet: Re: a purpose without honor or humanity + (CHESSALEM)   a purpose without honor or humanity + (CHESSALEM) Icon_minitimeVen 10 Mai - 13:57

    ⊹ from the dawn of time to the end of days i will have to run away


Les gens pourraient se demander pourquoi tu voles, pourquoi tu ressens ce besoin irrépressible de dépouiller les autres de leurs possessions, de les duper, les escroquer, les léser. Et si on te posait la question, nul doute que tu répondrais que c’est comme ça que tu vis. Comme ça que tu manges, bien souvent, comme ça que tu trouves de l’argent pour arrondir tes fins de mois. Cela semblerait presque logique à vrai dire, et de ce point de vue tu ne ressembles presque plus à une criminelle, tu n’es plus qu’une pauvre victime de la société qui cherche à remplir ton estomac. Mais la vérité, c’est que répondre ça serait un mensonge. Par omission plus que de but en blanc, mais ça resterait un mensonge. Parce que oui, peut-être que ça t’aide pour tes fins de mois, peut-être que ça t’aide à manger, mais au fond, tu ne le fais pas pour ça. Tu le fais parce que tu aimes ça. Tu ne peux pas t’en empêcher, c’est comme si tes mains agissaient à ta place, comme des démangeaisons, des spasmes. Du vol compulsif. Et l’adrénaline au moment où ta main s’envole, où tes doigts se referment sur ta prise. Et ton coeur qui bat contre ta cage thoracique comme un oiseau à l’idée que tu pourrais te faire prendre à n’importe quelle seconde. Et ce sentiment grisant de toute puissance lorsque tu te dis que tu ne te feras jamais prendre. C’est pour ça que tu voles à présent. Quand tu as commencé tu n’aimais même pas ça, tu voulais juste prouver à Caleb que tu valais quelque chose et que tu n’étais pas quelqu’un de bien. Tu as réussi, au moins pour la deuxième partie, tu as même réussi à t’en convaincre. Et regarde-toi aujourd’hui. Je crois que ce qui t’a gagnée c’est la kleptomanie mais à vrai dire ce mot dépasse de trop loin ton éducation. T’as abandonné l’école à peu près quand tu as commencé à voler, comment qui que ce soit aurait pu te dire ce que tu commençais à être ? Moi. C’est vrai. Mais c’est pas faute d’avoir essayé pourtant, t’as juste pas écouté. T’as toujours écouté qu’une seule personne, et tu n’aurais pas pu plus mal choisir cette personne. Pas ma faute si t’es conne. Pas ma faute si maintenant ton illusion de ne jamais pouvoir être prise a volé en éclat. Pas ma faute si maintenant tu te retrouves coincée dans une ruelle avec un pacificateur qui t’a prise en flagrant délit. C’est pas faute de t’avoir prévenue.

Et maintenant peut-être qu’il va t’arrêter. Et te faire fouetter sur la place publique pour rapine. Parce que c’est comme ça qu’on traite les voleurs, t’as déjà assisté à plus d’une flagellation. Peut-être que bientôt tu seras à la place du condamné, et que le cuir va déchirer la peau tendre de ton dos, et que ton sang sera celui qui teintera la lanière impitoyable. Peut-être qu’il n’a empêché le marchand de te frapper que pour pouvoir plus tard mieux te blesser. Que tu croies échapper à la punition que pour n’en recevoir une plus terrible après. Et peut-être, peut-être que tu vas mourir. C’est rare que des blessures telles que des coups de fouets ne s’infectent pas. Pour qu’elles ne s’infectent pas, ou dans le pire des cas pour guérir l’infection, il faut de l’argent. Des médicaments. Et tu n’as ni l’un ni l’autre. Peut-être que tu devrais courir encore, essayer vainement d’échapper à celui qui te rattrapera si l’envie lui en prend. On ne sait jamais. T’as peut-être une chance. « Non. » Non ? Tu penches la tête, intriguée. Autant pour essayer de fuir, ça ne sert pas à grand chose. Et puisque ça ne sert à rien, autant rester. Après tout tu détestes courir. Et puis cet homme, là, t’intrigue. Son flegme, son visage et ses yeux qui ne laissent transparaître aucune émotion. Une statue vivante. Il sent le tabac, c’est tout. Comme toi sans aucun doute, tu fumes trop. Tu t’interroges sur sa présence ici. Tu pensais connaître la plupart des pacificateurs du district mais apparemment ce n’est pas le cas. Ou alors il n’est pas du district. C’est peut-être ça. Mais il n’y a pas que sa présence qui te laisse dubitative, il y a aussi ses motivations. « C’est pas ce que font les pacificateurs normalement ? » Arrêter. Condamner. Torturer. Tuer. Innocent ou coupable, peu importe. Les gardiens de la paix sont rarement très paisibles. Tu en connais beaucoup qui se sont engager juste pour avoir du pouvoir sur les autres, se venger, frapper les gens en toute impunité. Tu n’as aucune haine de ceux qui portent l’uniforme blanc mais il est notoire qu’il vaut mieux éviter de les contrarier. Tu n’as pas contrarié celui-là cependant. Pas encore. La journée n’est pas terminée. Tu te rapproches d’un pas tranquille,sans pour autant te mettre trop près, regardant distraitement le sol.

« Pourquoi tu m’as aidée tout à l’heure ? » Parce que le vouvoiement, tu connais pas, c’est pour les gens polis. Mais tu es réellement intriguée. Tu veux connaître la réponse à cette question. Ta curiosité ne sera pas satisfaite tant qu’il n’aura pas expliqué ce qui l’a poussé à faire ça. Gentillesse innée ? Vu sa tronche ça t’étonnerait, ce mec tu le sens, c’est une putain de machine à tuer. Tu devrais fuir, comme n’importe quel animal le ferait. Mais toute animale que tu peux l’être quant à ta survie, tes relents d’humanité te poussent à rester. C’est toujours comme ça avec toi. Tu flirtes toujours avec le feu, tu danses toujours sur la ligne qu’il ne faut pas franchir. J’ai l’impression que tu ne sais même pas ce que tu fais. Pourtant quelque part ça doit être le cas puisque tu es toujours là. Dans la merde, mais toujours là. « C’est pas très digne de l’uniforme. » Pas très digne des chiens du capitole qui se doivent de répandre la peur dans leur sillage au nom du président. La justice armée.
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MessageSujet: Re: a purpose without honor or humanity + (CHESSALEM)   a purpose without honor or humanity + (CHESSALEM) Icon_minitimeSam 11 Mai - 10:14


bang bang, my baby shot me down.





Ne pas comprendre certains événements, accepter qu’ils vous dépassent. Cela faisait partie intégrante du quotidien, sans pour autant que nous le remarquions spécialement. C’était une sensation gênante pour ceux qui ne l’acceptaient pas, un trouble, perturbant. Tolérer que certaines choses sont hors de votre entendement est facile pour certains, bien plus compliqué pour d’autres. L’instinct de survie était une de ces choses inexplicables. On ne pouvait prédire les faits et gestes de qui que ce soit, notamment face à la mort. Et de manière plus générale, face au moindre petit danger. L’être humain n’avait rien de quelqu’un de calme et de prévisible. Stable ? Encore moins. Rien n’était plus dangereusement instable qu’un individu. Son équilibre était sans arrêt précaire, un rien suffisait à le faire pencher d’un côté ou de l’autre de la balance. Et c’était en cela que l’instinct de survie compliquait tout. Tant que l’équilibre est présent, personne ne tombe. Personne ne dérape. Mais ce désir de s’en sortir, lui, vous pousse sans scrupule d’un côté ou de l’autre du fil. Parler de mal ou de bien serait une erreur ; lorsqu’il s’agit de sa propre survie, il n’existe ni bien ni mal. Pas réellement. Tuer ? Cela devient une fatalité. Se protéger ? Également. Alors tuer pour se protéger ; où était le mal ? Il y avait bien sûr des limites. Limites à ne pas franchir. La mort était une solution extrême pour bien des problèmes, en ce bas-monde. Il n’était pas nécessaire d’aller jusque là, la plupart du temps. Ceux qui le faisaient se laisser emporter ; comme Salem, parfois. Il lui arrivait d’ôter de ces précieuses vies, alors que le besoin ne s’en faisait pas réellement sentir. Sentiment de puissance, sentiment de bien-être. Voilà ce qui pouvait le frapper, en ces instants, bien qu’il n’en laisse absolument rien paraître. Il ne faisait que ce qu’il jugeait juste ; il tuait, parfois, alors que besoin n’était pas, mais que l’envie, elle, était bien présente. Il aurait pu épargner, certes ; s’il ne le faisait pas, il avait ses raisons. Mauvaises, selon la plupart des gens. Il n’était qu’un psychopathe, un sociopathe. Selon les dires. Selon les avis. S’en souciait-il ? Pas plus que du reste. Désintéressé. Mué uniquement par ses propres intérêts, par ses propres objectifs. Il ne se souciait pas du reste, se contentait d’appliquer les ordres de ses supérieurs à la stricte lettre près ; le reste du temps, il agissait pour lui. Égocentrique ? C’était une option à ne pas repousser, à ne pas négliger. Il ne se serait pas décrit comme tel. Mais après tout, pourquoi pas ?

Ses yeux dévisagent la jolie jeune fille en face de lui. Ses cheveux flamboyants, ses grands yeux débordants d’arrogance et d’insolence. Il ne l’arrêterait pas. Et avait eu le mérite de le lui annoncer très clairement. Un simple mot avait suffi ; pourquoi s’encombrer de paroles inutiles ? Ce n’était pas son genre, cela ne l’avait jamais été. Il restait simple, entier. Il n’y avait pas besoin de le chercher ailleurs que là où il se tenait ; jamais il n’avait de moments d’absence. C’était un être entier. Il cligna lentement des paupières en l’entendant argumenter, à sa manière. Si. C’était ce que la grande majorité des Pacificateurs auraient fait, si ce n’était tous. Si ç’avait été dans son propre district, Salem l’aurait probablement fait. Ou il aurait signalé le vol à Lincoln, qui se serait agréablement chargé de la rappeler à l’ordre. Mais pas lui. Pas là. Pas au beau milieu du District Cinq. Pas maintenant. C’était incompréhensible, pour quiconque ignorait que Salem ne faisait rien comme tout le monde. Et cette fille ne le savait pas. Pas encore. Mais était en train de s’en rendre compte. « Si. » Le simple mot. Si. C’était ce que les Pacificateurs auraient fait, normalement. Mais pas lui. Paradoxe ambulant, insaisissable et indéchiffrable.

Elle formula une petite question. Pourquoi l’avait-il aidée ? Lentement, Salem se détendit, fourrant ses mains au fond de ses poches. Il renifla doucement. Laissant planer un petit silence, qu’elle combla avec une remarque. Pas très digne de l’uniforme. Mais qu’est-ce qui en était digne, exactement ? Tuer ? Massacrer les civils des districts, sans la moindre pitié ? Torturer ces pauvres gens, sous le moindre petit prétexte, en clamant faire respecter l’ordre ? Commettre tous ces méfaits sous le drapeau du Capitole, fièrement ? Il n’y avait jamais cru. L’ordre était une notion abstraite, et dépendait essentiellement de ce que les hautes sphères du pouvoir voulaient laisser voir et faire. La justice n’était qu’un leurre ; rien n’était équitable dans ce monde. Encore moins lorsqu’il s’agissait de maintenir la paix. Les conditions de vie du peuple étaient désastreuses, et l’état s’en fichait. L’état les forçait à rester dans cette misère, à conserver ces positions reculées et mortelles à long terme. Et lui ? Un bras de cette faute justice. Un bras vengeur, armé. Il n’aimait pas cette position. Et ne la prônait d’ailleurs pas. « Je ne suis pas en service. » C’était un fait. Il n’était pas là pour protéger les étalages des marchands du District Cinq, n’était pas là pour faire régner la paix et la justice du Capitole. Il était là pour accompagner un homme, et rien d’autre. Et nul doute n’était possible quant à sa nature humaine, derrière son uniforme. Il était spécial. Psycho selon certains. Autiste parfois même selon d’autres ; drôle de manière de penser le connaître. Mais n’était pas inhumain. Il avait connu la misère, connu la faim. Il était peut-être distant, impressionnant de par sa stature immobile et impossible à faire ployer, en apparence. Mais il n’était pas sans cœur. De là à le faire comprendre, c’était une toute autre histoire. Mais n’est-on pas là pour la conter ? « Et si je m’abaissais à ne faire que des choses dignes de l’uniforme, je pense que je perdrais mon emploi. » Il y en avait si peu, dans ce monde, des ordres dignes de l’uniforme. On ne les lui donnait pas, tout du moins. Tout ce que l’on pouvait lui ordonner était digne de tout autre chose. Digne de cette fausse justice, digne de ces injustices. Digne du gouvernement tyrannique, de ce régime de terreur imposé par l’État.

Digne du Capitole.

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MessageSujet: Re: a purpose without honor or humanity + (CHESSALEM)   a purpose without honor or humanity + (CHESSALEM) Icon_minitimeMar 14 Mai - 17:34

    ⊹ from the dawn of time to the end of days i will have to run away


Je t’ai toujours dit qu’il y aurait un jour où tu aurais des ennuis. Mais toi, tu es comme Simba, tu te ris du danger. Jusqu’à-ce qu’il te tombe dessus. Et même après cela, une fois sur deux, tu trouves le moyen d’en rire, de te gausser de lui impunément. Toujours impunément, sinon tu ne prendrais pas le risque. C’est cette habitude que tu as de croire que rien ne peut plus t’arriver. T’as plus d’innocence alors tu vois pas trop ce qu’on pourrait te faire de plus à vrai dire. C’est que tu manques cruellement d’imagination ma pauvre fille. Tu sais ce que c’est que la pensée divergente ? Evidemment que non tu ne sais pas. C’est la capacité de voir un grand nombre de réponses à une même réponse, c’est un point essentiel de la créativité. Presque tout le monde l’a en étant petit, mais ça s’amenuise en devenant grand. T’es loin d’être une exception à la règle. Tu n’as pas idée des souffrances que quelqu’un avec ne serait-ce qu’un peu de cette capacité pourrait t’infliger. De quoi te faire hurler à t’en arracher les cordes vocales jusqu’à-ce que tu désires mourir. Toi. Désirer mourir, oui. Toi qui ne chéris rien plus que ta petite survie égoïste, tu voudrais mourir. C’est dur pour toi de te l’imaginer, n’est-ce pas ? Tu n’as pas à le faire. Dans le meilleur des mondes tu n’auras jamais à subir ça, alors pas besoin d’y penser. Sinon, tu expérimenteras peut-être la chose en personne, inutile donc de te torturer à l’avance d’y penser. Et... Qui a jamais dit que nous étions dans le meilleur des mondes ? Pas moi. Et je ne le dirai parce que je ne mens pas. Je connais la vérité aussi bien que tu la connais, mieux même. Ah, meilleur des mondes où es-tu ? Tu crois que tu pourrais essayer de le voler ton meilleur des mondes ? Après tout cela semble n’avoir guère plus de valeur qu’un paquet de clopes. Sauf qu’à voler on peut se faire avoir, et se faire avoir pour un meilleur des mondes c’est plutôt mal jouer n’est-ce pas ? Ce serait tellement ironique, tellement paradoxal. Alors t’essaies pas. T’essaies d’autres choses, mais ça finit pareil. Je t’ai toujours dit qu’un jour tu aurais des ennuis. T’as jamais voulu me croire. Regarde où ça te mène de t’élever à croire que rien ne peut t’arriver. Plus tu montes, plus la chute sera rude. La chute est suspendue aux lèvres de cet homme que tu n’as jamais vu. Trois lettres qui peuvent tout changer. Oui ou non. Les réponses les plus simples qui puissent être formulées, mais souvent celles qui portent le plus de poids, font courber les échines et couler larmes et sang. Il te libère du calvaire que tu n’imagineras jamais. Non. Tu vas pas te plaindre. On dirait presque que tu le fais pourtant, à lui demander s’il ne devrait pas faire ça. Tu veux qu’il se rappelle soudain à sa bonne conscience professionnelle et fasse de ton dos un steak haché digne de la passion du christ ? A ta guise. Je t’aurais prévenu.

« Si. » Si ? Il n’est guère un homme de mots apparemment. Heureusement, tu as toujours eu la langue assez pendue pour parler pour deux, même si - et surtout si - ton interlocuteur n’a pas envie de parler. A-t’il envie de parler ? Tu te poses la question. Il est l’archétype même du pacificateur à première vue. Dangereux. Cette sensation de froideur. Cette réticence à t’adresser la parole. Mais il t’a aidée. Et il te confirme qu’il devrait t’arrêter. Sauf qu’il ne le fait pas. Il est deux choses à la foi. Un putain de paradoxe. Et toi t’aimes pas les paradoxes, c’est ce compliquer la vie. Des fois tu as envie que tout soit noir ou blanc, envie de balancer toutes ces nuances de gris par la fenêtre, de les envoyer au diable. Comme si le monde n’était pas assez compliqué comme ça. Difficile de distinguer les gens bien des gens mauvais des fois, plus qu’il n’y paraît. T’aimes pas ça, c’est beaucoup plus facile de se fier aux apparences, beaucoup plus reposant. Tu le fais tout le temps. Tu juges sur le physique et sur les premiers mots qu’on t’adresse, c’est comme ça. Et tu n’as pas honte, puisque tu sais que chacun fait de même dans son coin. Sauf que lui... Eh ben c’est trop dur. A croire qu’il s’évertue à être compliqué. Mais peut-être a-t’il une raison particulière d’avoir commis les actes qui t’ont sauvé la mise. « Je ne suis pas en service. » Génial. Non, non ça n’aide pas du tout. Pas le moins du monde. Il n’est pas en service, bien. Et cet uniforme qu’il porte ? Et ceux qu’il accompagnait ? Après tout peut-être qu’il dit la vérité, et qu’il n’est pas en service, et que c’est pour ça qu’il ne t’emmène pas à l’hôtel de justice. Pas envie de faire du zèle probablement. Paresseux. Ou flemmard. T’en connais des pacificateurs comme ça. Mais si c’est de la paresse, il t’aurait tout simplement regardée te faire rosser par le marchand. Donc ce n’est pas ça. C’est autre chose. Cherche encore. Puis tu te dis qu’il n’est pas d’ici. Sinon il serait en service.

« Et si je m’abaissais à ne faire que des choses dignes de l’uniforme, je pense que je perdrais mon emploi. » Des choses dignes d’un uniforme de gardien de la paix. C’est vrai qu’à y réfléchir tu n’en a pas vu faire beaucoup de ton vivant. Parce que ceux qui deviennent pacificateurs le font tous pour une raison. Pour se venger de ceux qui leur faisaient du mal. Pour avoir de l’argent. Pour avoir du pouvoir. Pour avoir du sang. Mais jamais pour la paix. Pourquoi pas pour la paix ? C’est noble la paix. Mais ce n’est pas très trépidant. « Et surtout tu t'ennuierais. » Probablement qu’il s’ennuierait. Tu juges toujours de ce que tu vois, esclave des apparences physiques, mais celui-là il transpire le sang. Le sang et la violence. Pas autant que certains. Pas une violence inouïe, ni excessive. Mais cet arrière-goût pourpre, comme la goutte écarlate dans la blancheur du lait et le doré du miel. Cette petite chose amère qui gâche tout. Cette chose que tu sens, comme les animaux le sentent. Instinct de survie, ça t’est venu en grandissant ça. Et ça n’a rien d’humain, ce ne sont toujours que des pressentiments. Aucune place pour la logique ou la raison là-dedans. Action réaction. Tu préfères te tromper et passer à côté de quelqu’un qui ne représentait pas de danger que de ne pas te fier à tes instincts et mal finir. « Je me trompe ? » Comme si vous pouviez finir plus mal, toi et ta grande gueule.

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