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 Love's like a brick you can build a house or sink dead bodies Ϟ Swain & Silk

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Swain Hawkins
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Love's like a brick you can build a house or sink dead bodies Ϟ Swain & Silk Vide
MessageSujet: Love's like a brick you can build a house or sink dead bodies Ϟ Swain & Silk   Love's like a brick you can build a house or sink dead bodies Ϟ Swain & Silk Icon_minitimeJeu 4 Oct - 22:45



Même une fois coupée, la tête d’un animal peut encore mordre.
C’est fascinant. Fascinant combien on peut se persuader soi-même de son optimisme. Combien une simple pensée, un unique espoir erroné auquel s’accrocher peut foutre en l’air une vie. Est-ce l’impuissance, est-ce le manque de force ? Pourtant cette énergie nous maintient toujours debout. Un peu comme un animal à qui l’on aurait tranché la tête. Le cerveau ne répond plus et pourtant le corps continue de fuir et d’espérer. Une machine bien huilée qui assume son rôle jusqu’à ce que le carburant  qui entretient son illusion lui fasse défaut. Que le sol se dérobe et que la lumière vacille. L’instinct de survie, est une chose fascinante. On le prend pour un ami qui nous apprend la méfiance. Pourtant jamais soupçonné il s’insinue, berce de certitudes et dénonce les menaces pour mieux écarter de notre vue les horreurs inévitables. Ce foutu optimisme qui nous permet d’affronter  nos pires craintes en oubliant qu’une bataille gagnée se paie toujours d’une défaite. « Si tu fermes les yeux et que tu repenses à quelque chose qui t’a rendu heureux, alors tu verras qu’il y a encore de l’espoir. » Ces mots ont toujours sonné creux à mes oreilles. Cette formule magique n’a jamais vraiment marché sur moi. Aujourd’hui plus que jamais. A cet instant plus que jamais. La seule chose qui me rendait heureux. La seule chose pour laquelle mon corps en lambeaux aurait pu encore se tenir debout. La seule chose pour laquelle j’aurais tout fait, tout enduré. La seule chose que je croyais que la vie épargnerait. La seule chose qui me restait. La seule chose que j’avais. La seule chose qui pouvait tout changer.

Ils me l’ont prise.

J’espérais. Je pensais. Je refusais. Je fuyais. Je voulais le protéger. Je voulais me persuader. J’ai échoué. Même une fois coupée, la tête d’un animal peut encore mordre. Jusqu’à ce qu’il tombe à genoux en cessant d’implorer. Jusqu’à ce qu’il se vide de tout. Jusqu’à ce que le temps lui-même s’arrête.

Je croyais au futur.

La mâchoire de la réalité a réduit en charpie ce charmant mensonge.

***

Les cimes ont cessées de s’agiter. Le vent lui-même a réduit sa colère comme s’il avait décidé de participer à la trahison du paysage dégagé de cette clairière dans laquelle j’ai trouvé refuge. Le silence me pèse. Il parcourt le réseau de mes veines d’un frisson de tension. Je pourrais presque entendre mes nerfs s’entrechoquer si mon cœur ne battait pas aussi fort à mes tempes. Mon corps glacé est tapis contre le sol, profitant de la couverture de quelques fougères je cherche un semblant de repos. Ma respiration irrégulière a remplacé les bourrasques. J’halète en essayant de réduire mon souffle affolé et c’est plutôt douloureux. Mon esprit s’est réduit au stricte nécessaire. Je ne suis plus que réflexes instinctifs. Le craquement sonore d’une branche attire mon attention vers la droite. Impossible de manquer une telle proie immaculée au travers de cette teinte de nature. Mes doigts se crispent sur le manche de mon couteau de chasse et je rampe un peu plus en retraite. Aujourd’hui, c’est moi la proie. Nouveau craquement précipité et je me relève d’un bond, faisant volte-face pour m’échapper et mettre le plus de distance possible entre moi et mon poursuivant. Les branches me meurtrissent le visage et les bras, je ne ressens même plus l’effort qui active mes jambes. Le sol apparait et disparait sous mes pas. Mon champ de vision se réduit sur un point de l’horizon, le décor se distend et s’allonge. Branches, feuilles mortes, herbe, pierres. Vide. Eau. Mon sursaut est étouffé par le contact violent de la surface aqueuse avec mon visage, puis vient les profondeurs. Pendant quelques secondes le silence est de nouveau total. La respiration me manque. Mon souffle s’est coupé. Ma tête éclos à la surface et tout redevient bruyant. Fuir, encore et toujours. Se débattre. Je m’extirpe de la rivière, sentant toujours une ombre derrière moi. Pourtant elle hésite en arrivant au bord. C’est ma chance, et je la saisis, redoublant de vitesse. Ongles griffant la terre, un goût de feuille dans la bouche, la brûlure de l’air dans ma gorge. Fuir, encore et toujours. Je trébuche tout à coups, lâchant un juron en roulant contre une butte de terre. Je me dépêtre avec mes vêtements trempés pour me redresser mais trop tard, une autre silhouette éclatante que je ne soupçonnais pas vient de fondre sur moi. Aussitôt ma lame part en tranchant l’air, frôlant le cou de mon adversaire essoufflé. Mon corps se ratatine comme un animal prêt à attaquer, le dos contre un tronc. Je le jauge rapidement, m’apprêtant à porter un autre coup. La chaleur du mois d’août approchant, l’odeur du sang, la sensation d’un regard. La sensation glaciale du métal contre mon front.

Les suivre bien gentiment hein ? J’émets un regard haineux. Le pacificateur insiste de la pression de son arme sur ma peau. Alors comme ça ils me cherchent depuis des jours ? Merde. Ça me dit rien qui vaille. Pendant un instant l’idée de tenir encore tête me traverse l’esprit. Pendant un instant j’évalue mes possibilités de fuite. Fuir, encore. Mon couteau chute et se plante dans le sol à mes pieds. Je me rends. Le collègue de l’homme armé en profite pour me décrocher un violent coup de poing en représailles de sa gorge blessée, son autre main faisant pression sur la blessure peu profonde mais sanglante. Je lui réponds de ma main cherchant à agripper son col mais le canon de l’arme m’intime de nouveau de ne pas me jeter sur lui. Je me contente d’un nouveau regard dégouté, sentant qu’il glisse jusqu’à l’arrière de ma tête pour que nous nous mettions mieux en marche. Nous rebroussons chemin, passant de nouveau près de la rivière avant de rejoindre une route. Putain. Manquait plus que ça. Pardonne-moi Cas’. Le frigo sera vide quand tu rentreras.

En tant d’années de braconnage il ne m’est arrivé que peu de fois de m’être fait embarquer. Ma récidive me vaut des punitions de plus en plus lourdes et lorsqu’elles tombent, c’est sans surprise que je n’ai d’autre choix que d’attendre quelques jours de reprendre des forces avant de recommencer. Et si c’est bien connu que je passe mon temps à enfreindre les règles, les lois prônent le « pris sur le fait. » Mais aujourd’hui je me serais bien passé de me retrouver poussé par des pacificateurs comme un vulgaire pantin sur le chemin. S’ils me conduisent à l’hôtel de ville au moins je serais au plus près pour accueillir le retour de mon frère. Je n’ai pas compté les heures. Je n’ai pas regardé les jeux. Je n’ai jamais regardé les jeux. Je me suis contenté de constater leurs dégâts, et le visage de ma mère suffisait à me donner l’envie d’éviter à tout prix de voir ce que le Capitole leur infligeaient.  Mais je sens qu’il va revenir. Je ne suis pas rentré à la maison depuis son départ, depuis la moisson. La simple perspective de rentrer du travail et de trouver les lieux vides me fait peur. Même si à vrai dire, cela fait bien des jours que je ne suis pas allé travailler. Des semaines peut-être ? Je ne sais plus. J’ai perdu la notion du temps. J’ai perdu mes pensées dans la répétition automatique de mes gestes quotidiens. Traquer. Tuer. Revendre. Emmagasiner pour son retour. Être prêt pour son retour. Mais aujourd’hui c’est moi qui ai été traqué. Je ne dois pas mourir. Je dois être prêt pour son retour.

Mais à ma grande surprise ce n’est pas l’hôtel de ville que je vois se dresser devant moi mais ma propre maison avec sa façade aux pierres irrégulières. Ma mère m’a dit que c’est mon grand-père qui l’a construite à la sueur de son front. Il en est même mort avant de l’avoir totalement achevée ; avant que je fasse sa connaissance. C’est pour ça que le confort et l’isolation laissent à désirer. Les plantes grimpantes obstruent presque l’unique fenêtre de la façade du devant et le toit bas écrase les perspectives du bâtiment. La barrière qui l’entoure est aussi défraichie que la peau d’une vieille femme, les mauvaises herbes débordent de partout, laissant à peine entrevoir un passage vers la porte d’entrée. On la croirait abandonnée depuis toujours. Je hais cet endroit. Mais j’ai appris à l’aimer petit à petit grâce à Castiel et Cybèline. C’est ma maison. Le seul rempart avec le monde extérieur. Le seul rempart contre la pluie même si son toit fuit de temps à autre malgré mes réparations. Les seuls murs qui me permettent de le protéger et d’espérer un futur pour notre famille. Et le fait de voir un autre pacificateur en sortir suffit à envenimer ma rage pour proférer une insulte.

Ils n’ont pas besoin cependant de me forcer à rentrer car je me précipite presque à l’intérieur, appelant mon frère avant de constater l’installation inconnue qui cache maintenant un pan de mur. On a tendu l’un des draps de la chambre contre la pierre nue. Sur la table trône un dispositif, une sorte de petite machine qu’il m’est arrivé d’apercevoir chez des gens. L’un de ces enfoirés me force à m’assoir à table face à l’écran blanc, pendant que son collègue se poste à la porte et que le dernier s’approche de l’étrange objet. Il le met en marche sans me donner d’explications puis s’éloigne. Je sursaute presque de voir apparaitre un visage sur le drap, ma chaise émettant un raclement de recul. Mon cœur s’accélère en constatant que l’image bouge et je m’enfonce un peu plus contre le dossier. Je reste tétanisé lorsque je réalise. C’est le visage de mon frère qui étire un sourire.

Si on ferme les yeux en pensant à quelque chose qui nous a rendus heureux, on comprend qu’il y a encore de l’espoir. La première fois que mon frère m’a sourit, ma mère le tenait fermement par la main sur le pas de la porte. Elle était tellement préoccupée par un objet imaginaire dans le ciel qu’elle ne m’avait pas remarqué. Castiel lui, pointait prestement son doigt vers moi en souriant. Cela m’a pris du temps à lui expliquer que je n’étais pas son père inconnu enfin revenu. Et malgré sa déception il continuait de sourire. Il m’a sourit aussi le jour où il a faillit y rester. Il souriait comme si ça n’avait pas d’importance, comme si cela allait amoindrir cet horrible événement. Il souriait, lorsque les portes se sont refermées sur lui le jour de la moisson.

Les images se succèdent. J’ai finis par comprendre ce que je regardais. Pourtant cela me semble si irréel. Comme si les enfants que je voyais tomber allaient se relever en riant à la blague de mauvais goût qu’ils venaient de faire. Comme si tout ce sang que je voyais n’était pas vrai. J’ai crié pour ordonner à Castiel de fuir. Crié de stupeur d’avoir entrevu Cybèline à l’arrière-plan. Les images se focalisent sur mon frère. Je ne comprends pas. J’ai l’impression qu’il est là. Que tout ça à lieu sous mes yeux. Pourtant il me semble que les heures se succèdent avec dissonance, comme s’il y avait un mauvais raccord dans le fil du temps. Tout cela n’est pas réel. Tout cela n’est pas en train d’arriver. Castiel est là à des kilomètres d’ici dans un désert blanc, en train d’essayer de survivre en direct. Je ne sens pas mes mains se crisper sur la table, ni mes lèvres s’entrouvrir. Mes yeux fixent sans voir. Mon esprit ne pense plus à rien. J’ai l’impression d’avoir chuté d’un arbre, ma poitrine a violemment heurté un sol invisible qui m’a coupé net le souffle. Mes yeux ne clignent plus. Mon cœur s’est arrêté. Le néant s’engouffre par mes oreilles, mes yeux, mon nez, ma bouche. Il me noie. Je ne peux pas faire cesser l’horreur, je ne peux pas accepter la vision de mon frère hurlant de douleur. Je ne peux pas accepter tout ce sang. Je ne peux pas. Ce n’est pas réel. Je refuse que ça le soit. Je décide que ça ne l’est pas. Je n’ai plus l’impression d’avoir de tête.

Mon frère a sourit une dernière fois, aussi pâle que la neige qui l’entoure.

On m’a tranché la tête, pourtant mon corps fonctionne encore. Je renverse violemment la lourde table en pin, envoyant valser l’appareil qui diffuse les images d’un coup de bras. Le visage disparait aussitôt. Je me retourne vers le pacificateur le plus proche. Même coupée, ma tête peut encore mordre. Je me jette sur lui, l’attrapant par le col pour le rouer de coups, mes poings se blessant contre son visage autant qu’ils le détruisent. Le sang afflue, aspergeant le plancher sale qui l’aspire goulûment. Quatre mains me tirent vers l’arrière, me forçant à le lâcher. Je résiste, leur donnant peine à me retenir. J’hurle. Ma bouche est aussi violente que mon corps qui se cabre pour espérer atteindre le pacificateur d’un coup de pied. Les deux acolytes parviennent à me plaquer dos au mur pendant que le blessé se redresse avec peine, vociférant avec véhémence. Une vive douleur me tord l’estomac alors que j’y reçois un coup. Bientôt suivit par un deuxième au visage. Un troisième. La douleur est comme lointaine. En surface. Tellement moindre comparée à celle qui me ronge maintenant les entrailles. Le sang qui coule de mon arcade n’existe pas. Je ne revois que celui de mon frère s’écoulant comme une boucle infernale. Des images qui vont et viennent chronologiquement puis inversées. Mon esprit s’est muré quelque part. Je n’essaie même pas de le chercher. Les deux pacificateurs me lâchent puis c’est mon corps qui me lâche. Mes genoux heurtent violemment le sol. Je n’ai même plus la force de me battre. Plus la force de crever debout.

La vérité a réduit tous mes espoirs en cendres.

Mes bourreaux s’écartent et me laissent à genoux, s’affairant pour ramasser l’appareil et redresser la table, décrochant juste le drap pour le laisser choir par terre. Je n’ai même plus la force de bouger. Plus la force de soutenir le regard à cet homme qui m’observe de haut en parlant posément. Ils me laissent pour cette fois. Ils oublient mon braconnage pour ce cas exceptionnel. J’entends à peine ses mots, comme s’il les prononçait au travers d’un coussin. Je n’en retiens que trois. Dans. La. Chambre.

Mon corps s’écroule contre le plancher. Je ne peux pas en supporter d’avantage. Je crie à gorge déployée. Des sons que je n’avais encore jamais produit. Ma voix s’éraille puis se brise, se transformant en gémissements d’animal blessé. Je ne comprends pas ce qui m’arrive.

J’ai enfin trouvé une raison de pleurer.

Mon cœur est secoué de sanglots. Je me sens si pitoyable. Les pacificateurs sont partis en me laissant avec ces seuls trois mots. Dans. La. Chambre. Je ne sais pas ce qu’ils signifient. Ou plutôt je ne veux pas le savoir. Je le sais. Non. Je ne sais pas. Ce n’est pas réel. Je refuse la réalité.

Castiel est mort.

***

Cela fait probablement plusieurs heures que je regarde le plafond. Dans un coin entre deux poutres une araignée a tissé sa toile. Un insecte s’y est piégé est son bourdonnement à peine distinct est le seul bruit de la pièce maintenant que mes pleurs ont cessés. La peau de mon visage me tiraille de ces larmes séchées. Mon regard s’est fixé sur cet insecte. Plus il se débat et plus le piège se referme sur lui. L’araignée n’a même pas besoin de venir l’achever. Cela fait quelques minutes maintenant que le bourdonnement a cessé. L’arachnide a fondu sur sa proie et l’embaume soigneusement dans ses fils. Je cligne des yeux et en détache enfin mon regard, comme sortant d’un lointain songe. Lentement mes membres engourdis se mettent en marche. Peut-être que pour moi aussi le piège du sol sur lequel je repose est en train de se refermer. Je glisse une main sur mon visage, l’effleurant à peine qu’il grimace de douleur. Je n’arrive plus à ouvrir ma paupière droite. La contusion doit probablement être grave. Le goût du sang a presque disparu, il a séché sur mes joue et au coin de mes lèvres. Mes côtes me brûlent. Certaines sont probablement cassées. Je roule précautionneusement sur le côté, étouffant une toux douloureuse. Tremblant sur mes bras je me redresse en chancelant.

Je dois savoir.

Je fais quelques pas dans le couloir sombre, m’aidant du mur pour avancer lentement. La porte de la chambre est close. La lumière du jour se dessine à peine dessous. Ma main se pose contre le battant. Sans que j’y pense vraiment, je prononce son nom comme j’avais l’habitude de le faire pour le réveiller le matin. Mon cœur manque un battement de mon propre réflexe et j’appuie mon front contre le bois. Les doigts sur la poignée. Puis la porte s’ouvre.

Il y a quelque chose sur le lit. Ou plutôt on a déposé quelque chose enroulé dans un tissu marqué de l’emblème du district cinq. Je n’ose pas faire un pas de plus, pétrifié par cette vision. Mon frère mort pour le district cinq. Mon frère sacrifié pour ce district qui n’a jamais rien fait pour lui. Ce district qui nous a toujours rejetés, ce district qui courbe l’échine en silence. J’avale difficilement ma salive, contournant doucement le lit pour m’asseoir mal à l’aise au bord. J’aimerai retirer cet emblème mais ma main se fige dans le vide.

C’est ma faute.

Tout est de ma faute.

Si je l’avais protégé. Si je l’avais emmené loin d’ici. Si je m’étais rebellé. Si j’avais fait quelque chose. Quoi que ce soit. N’importe quoi. Castiel. Putain. Je ne suis qu’un lâche. J’ai merdé. J’aurais dû t’arracher au Capitole. Faire quelque chose, n’importe quoi. Les tuer. Tuer ces fils de putes. J’ai envie de tout détruire. Je voudrais mourir pour le ramener. Revenir en arrière, faire autre chose que de simplement attendre. Je suis celui qui a pressé la détente en lui disant que tout irait bien. Qu’est-ce que j’ai fait. Qu’est-ce que je croyais ? Ce mensonge. Ces espoirs. Mon optimisme. Survivre. J’aurais dû le sauver. J’aurais pu le sauver.

Pardonne-moi.

J’aurais dû passer chaque seconde avec lui. Penser encore plus à lui. Merde putain.
Je n’ai même pas pu lui dire, combien je tiens à lui.

Je soulève le voile sur son visage. Ma main tremble comme jamais elle n’avait encore tremblé. Son expression est figée, lustrée par la technologie du Capitole. Il n’y a presque aucune trace des jeux. S’il n’était pas si pâle il serait simplement endormit. Je pose une main sur sa joue, la retirant aussitôt pour me détourner.

J’ai envie de mourir à cet instant. Que tout disparaisse. Qu’ils crèvent tous. Les pacificateurs. Les gens du Capitole. Les gens du treize. Les innocents. Les femmes. Les enfants. Tous.

Mes doigts tremblants cherchent un paquet de cigarette dans ma poche. Il est complétement écrasé et je cale nerveusement une clope tordue entre mes lèvres avant de l’allumer. Je n’ose pas me retourner encore vers lui. Les minutes passent et ma cigarette se consume d’elle-même. Des cendres tombent au sol. J’émets un rire nerveux. Je n’ai plus rien.

Brûler. Qu’ils brûlent tous. Je veux tout brûler. Tout détruire.

***

C’est fou ce qu’une si petite maison peut faire des flammes gigantesque. Fascinant comment tout s’agite autour de la destruction alors que plus personne ne levait le petit doigt pour la vie, pour la rébellion. Un rire provoque moins de réactions qu’une insulte. Ce monde ne tourne pas rond. Immobile sous le couvert des arbres, je regarde mon monde partir en cendres dans le ciel d’août. Peut-être que c’est moi qui ne tourne plus très rond. Mais ai-je déjà été normal ? Sûrement plus que ceux du Capitole. Je suis resté des jours au chevet de mon frère. Mangeant et dormant à peine. Je suis resté des jours et pourtant son corps n’a pas bougé. Il ne s’est pas réveillé ni n’a pourrit. C’est là que j’ai compris. Pour mieux nous détruire, ils rendront notre souffrance éternelle. C’est ce monde qui a un problème. Alors j’ai décidé de le brûler. Rendre la paix au corps de mon frère moi-même. Tout détruire pour qu’il ne reste plus rien sur lequel bâtir des illusions d’espoir. Je n’ai plus rien.

Je m’éloigne sans me retourner, marchant vers ma moto. Il y a un paquet à livrer posé à l’arrière. Je l’attrape et le lance au loin. Il n’y aura plus de travail. Plus de devoir. Plus d’obéissance. Prendre les armes. Je cale mon arbalète sur le porte bagage. Partir. Le plus loin possible. Partir sans se retourner. Peu importe par où. Je n’ai plus rien à perdre. Partir, du moment que c’est loin d’ici.

***

A quoi bon continuer à vivre si c’est pour fuir encore et encore ? A quoi bon essayer de se cacher, s’isoler et survivre avec rien, juste pour soi-même ? Il y aura toujours quelqu’un pour vous poursuivre. Toujours quelqu’un pour vous interdire. Toujours des gens qui se croiront supérieurs au point de s’octroyer le droit de vous contrôler. Capitole ou district treize. Du pareil au même. Si vous n’êtes pas avec eux alors vous êtes contre eux. Ils ne vous laisseront pas vivre votre vie. Le treize prône la liberté mais il ne veut qu’envahir les districts. Le monde a définitivement cessé de tourner. Ces deux derniers mois la rumeur a grondé et s’est précisée. Les rebelles sont tombés à l’improviste comme tombent les pluies d’octobre. Les arbres défilent à toute vitesse autour de moi. La pluie martèle mon visage et réduit mon champ de vision. Je cours à l’aveuglette. Cours pour survivre moi qui n’ai plus de raison de vivre. Pourquoi ne pas simplement me retourner et me laisser mourir sous les balles de mes poursuivants ? Pacificateurs ou rebelles, je me fiche de savoir. Car cela revient toujours au même. La nouvelle routine. Fuir encore et encore. Courir jusqu’à l’épuisement. Éviter la population. Éviter la civilisation qui se meurt. Mais même la nature est envahie de conflits. Pourquoi ne peuvent-ils pas juste me laisser tranquille ? Pourquoi toujours chercher le pouvoir absolu ? Je ne suis qu’un grain devenu inoffensif dans leurs rouages. Je n’ai pas la force de me battre, juste celle de fuir. Je n’ai pas de raison de me battre.

L’arbalète se balance violemment contre mon épaule. Mon souffle est entrecoupé de hoquets. Je suis fatigué. Fatigué de fuir leurs conneries. Fatigué de leurs rebellions et de leurs sentences. Fatigué des échos des conflits. Fatigué de leur violence. Un moment d’inattention fatal et un trou me fait chuter au sol. J’entends des coups de feu fendre l’air. Ils ne rigolent plus. Je peine à reprendre mes esprits, glissant dans la boue pour me remettre sur pieds, continuant d’avancer presque à quatre pattes. Plutôt en finir moi-même que de les laisser prendre ma vie. Jamais je ne les laisserais me mettre à genoux de nouveau. Jamais ils ne m’attraperont. Plus jamais. Ce jour où tout a changé il y a deux mois. Plus jamais je ne leur laisserais la satisfaction de me voir souffrir.

Mais je n’ai plus la force de chercher la vengeance.

Un sifflement dans l’air. Il n’a duré que quelques secondes. L’impact est violent, lancinant. La douleur me fait trébucher et tomber à la renverse. La pente entraine ma chute et je dégringole dans une spirale d’images et de sons déformés. Ma tête se heurte à un arbre.

Je n’ai plus la force de vivre. Je vais mourir ici.

***

Castiel est là. Immobile. Penché sur moi. Il est entouré de blanc et la lumière me fait cligner des yeux. Il me sourit. Son sourire. La seule chose qui m’ait jamais fait ressentir quelque chose proche de ce que les gens appellent bonheur. Pourtant son sourire se déforme. Ses lèvres s’entrouvrent et comme un verre qui déborde le sang s’en écoule. Le flot grandit. Un trop plein. Trop de sang. Un nouveau clignement des yeux fait disparaitre le cauchemar. La pluie a cessé au-dessus de ma tête. Les ramures des arbres sont hautes et encore vertes par endroits. Aussitôt une vive douleur au sommet de mon crâne m’assaille. Mais elle n’est rien comparé à celle qui martèle maintenant mon bras droit. Mon arbalète gît à quelques mètres. Où sont-ils ? Tapis dans les buissons en attendant de pouvoir m’achever ? Je peine à m’adosser entre les racines de l’arbre, l’esprit aux aguets. Je compresse la blessure par balle d’une main, gémissant entre mes dents. Je n’ai rien pour me défendre. Je vais mourir ici.

Pourtant personne ne vient. Plus aucuns bruits. Aucune menace. Je laisse échapper un soupire, fermant les yeux quelques instants. C’est la deuxième fois en trois jours et ils ont bien faillit m’avoir. Je jette un œil à la plaie qui saigne toujours abondamment. La balle s’est logée dans mon épaule et n’est pas ressortie. Putain. Cette fois ça va vraiment mal. D’un geste je déchire ma manche pour l’enrouler autour de mon bras et compresser la blessure. Je serre les dents, lâchant un soupire crispé en me laissant aller contre le tronc. Mieux vaut ne pas faire de vieux os.

Je me redresse en m’aidant de l’arbre, la balle me brûlant à chacun de mes gestes. Je chancelle et m’agrippe plus fort à l’écorce, remarquant qu’elle porte des entailles de couteau par endroit. Je fais quelques pas lourds vers mon arbalète pour la ramasser. Son fût s’est brisé dans ma chute. Je la prends néanmoins par la bride, incapable de la mettre sur mon épaule blessée je me contente de la trainer avec mon corps vers le bord de la rivière. Je tombe à genoux, me penchant précautionneusement pour boire un peu d’eau –Il y a bien longtemps que je ne fais plus le difficile- et me débarbouiller. J’observe mon reflet. Il n’y a presque plus de marque d’ecchymose autour de mon œil et la coupure sur ma lèvre s’est refermée en laissant une fine zébrure rouge. Presque plus aucune trace de ce jour où tout a changé. Pourtant dans mes yeux, plus rien n’est comme avant.

Il y a quelque chose de familier dans le clapotis de cette rivière. Sans doute est-ce le soulagement de trouver ici le refuge d’une heure ou deux avant de recommencer à fuir. Pourtant plus je marche avec peine vers les arbres et plus il me semble être déjà venu ici. Ce hêtre. Cette rivière. Ce chemin. Ce cercle d’herbes mortes sur le sol. Non. Impossible. Des ombres me reviennent. Un sourire. Mais ce n’est pas celui de mon frère.

Je ne peux m’empêcher de croire encore à l’espoir.

Et je cours encore. Pourtant il n’y a plus personne à mes trousses, seulement les fantômes de ma propre mémoire. L’arbalète racle le sol à ma suite. La douleur rythme chacun de mes pas et pourtant ils sont plus légers. La tête me tourne tellement qu’elle me force à m’arrêter et à calmer ma fougue. Je me traine le long du chemin. Je ramperais si je n’avais plus que cette option. Il y a quelque chose que je dois faire. Quelque chose que je dois vérifier.

***

Plus rien n’a d’importance. Ni la prudence, ni la souffrance, ni le monde. Les rues se dessinent, pleines par endroits de gens qui aboient des ordres, trop préoccupés par leurs tâches pour me remarquer. D’autres ferment leurs volets, certains sont menottés dans un coin. Il y a des blessés, il y a des morts. Mais le chaos ne me remplit même plus d’effroi. J’ai l’impression de sentir la fièvre embraser mon corps, mais elle ne peut rien contre mon automatisme.

Et soudain elle se dresse devant moi. Cette maison d’un lointain souvenir. Je ne la reconnais pas dans un premier temps, je ne venais jamais par l’arrière. Mais c’est bien ici. Est-ce du soulagement que je ressens ? Les sensations se mélangent. La tête me tourne. Mon cœur martèle ma poitrine. La balle ronge ma chair. Mon ventre se tord. Ma respiration sifflante s’emballe alors que je m’engouffre dans le jardin jonché de débris et saccagé par endroits. Plus la façade se rapproche et plus j’accélère avec peine. Plus je m’en rapproche. Et plus tout se brise de nouveau en moi.

« PRESTON ! »

Ma voix est sortie de nulle part. Mon cri a résonné dans ma tête. J’hurle de nouveau et mon timbre se brise alors que j’heurte violemment la porte. Je la martèle de mes dernières forces, griffant le battant avec violence. J’hurle une nouvelle fois son nom en essayant d’enfoncer le battant de mon épaule blessée. Qu’est-ce que je fais ici ? Pourquoi a-t-il fallu que je repense à elle ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi l’ai-je laissée entrer dans ma vie ? Pourquoi. Putain. Pourquoi.

« Preston… »

Je me laisse glisser sur le perron au pied de la porte, continuant de donner des coups de rage. Je suis brisé. Mes lèvres échappent des plaintes. Et avant que je ne puisse me contenir comme je me suis évertué à faire depuis ce jour, les larmes me viennent. Front contre la porte, je réalise que j’ai encore une fois voulut croire en l’espoir. Espoir mais quel espoir ? Je ne me comprends plus. Je ne suis plus moi-même. Je n’ai plus de raison de vivre. Ils m’ont tout prit. Je ne crois plus en rien. Je voudrais mourir si ça pouvait le ramener. Mais il n’y a plus d’échappatoire.

Je ne peux plus fuir.

Prostré contre la porte je ferme les yeux. Je viens de comprendre. Il n’y a pas eu de fuite. Ces trois derniers mois, n’ont jamais existé.

Je suis mort le jour où j’ai soulevé ce voile aux couleurs de mon district. Aux couleurs de mon mensonge.

« Pres… »

A peine un murmure. Ma tête s’affaisse contre ma poitrine. Mon corps se relâche, il abandonne. Une dernière volonté ?

« Je t’en supplie, dis-moi que je ne suis plus seul. »


Dernière édition par Swain O. Hawkins le Mar 16 Juil - 1:38, édité 2 fois
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Silk Preston
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can you save me?
statut: N'a alors mais alors absolument pas besoin de Swain Hawkins. Mothafucker.
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MessageSujet: Re: Love's like a brick you can build a house or sink dead bodies Ϟ Swain & Silk   Love's like a brick you can build a house or sink dead bodies Ϟ Swain & Silk Icon_minitimeMar 9 Oct - 4:12

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And I let the others pray
Oh darlin, darlin, what have I done? Well I've been away from you too long and all my days have turned to darkness and I believe my heart has turned to stone.  Now I don't say anything at all, well God don't listen to the noise. Now I'm left here all alone.  Now I do my talking with a gun and blood will spill into the gutters and it will stain the morning sun. I've been a stray from you too long and all my days have turned to darkness.

Hell is leaving the light on.



Dernière édition par Silk Preston le Dim 12 Mai - 3:34, édité 2 fois
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Swain Hawkins
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MessageSujet: Re: Love's like a brick you can build a house or sink dead bodies Ϟ Swain & Silk   Love's like a brick you can build a house or sink dead bodies Ϟ Swain & Silk Icon_minitimeDim 12 Mai - 3:23


Réparer ou remplacer.
Je n’ai jamais été fort. C’est tellement simple de prétendre le contraire tant qu’on le peut encore. Tellement facile de s’éclipser quand tout commence à se fissurer, réparer son sourire à grand coup de persuasion. Des aplats de couleurs inventées collées aux lèvres pour égayer la terrible réalité. Répéter des mots adoucit par un sucre suggestif, une prière aveugle, le talisman du « Tout ira bien. » Une répétition méthodique de mécanismes de défense. Une image sur une image, grossièrement apposée. Voir la vérité filtrée, l’esprit inhibé par l’alcool du mensonge. Je n’ai jamais été fort. J’ai joué mon rôle d’auto-distraction. D’autodestruction. J’ai répandu la parole que je voulais entendre et banni le factuel. Je crois que plus que du gouffre du passé, j’ai peur de l’avenir. Peur de ce qu’il restera de moi maintenant que j’ai subi la blessure ultime. Celle de trop. Il arrive un moment où même avec de la ficelle et de la bonne volonté, il ne reste plus rien à restaurer. Rien à voir, circulez. Un gouffre béant. Il faut tout remplacer. Mon corps, mon esprit, mon cœur. Plus que son toit, la maison a perdu son foyer, ses murs sont en papiers, déchirés par le désespoir. Froid, je suis glacé. Etouffé dans la fumée, gelé de l’absence des flammes de l’envie. D’une personne pour les attiser. Je suis comme je suis, incapable de continuer si on ne me laisse pas la chance d’exister pour quelqu’un. Vivre pour faire vivre. Protéger, ce pour quoi je suis né. J’oscille comme une braise au milieu d’un non-sens. J’ignore si tout ceci est un rêve ou la réalité. Peut-être bien que je suis déjà mort et que cet infime instant ne m’a pas percuté au point de m’en rendre compte. La seule chose dont je me souvienne c’est son visage et ses larmes. Survivre ou mourir. Ce n’est même pas à moi d’en décider. La gravité de ma situation penchera l’un ou l’autre. Et si mon choix est déjà fait, je ne suis plus certain d’en être capable. Silk. Je ne peux pas continuer sans lui. Mais je peux continuer avec toi. Si tu veux bien de moi. Répare-moi, donne-moi une raison. Remplace-moi. Survivre. Si je peux vivre pour toi. Je pourrais. Je crois.

Si tu restes avec moi.


C’est la douleur qui tout à coups me répond. Elle m’arrache de l’inconscience forcée dans laquelle m’a plongé la fatigue. J’ai dépassé ma limite depuis longtemps. La panique me saisit, instinctive et animale. Ma sensibilité s’est amplifiée par ma peine à vif. Visage dans la couverture j'halète le manque d’air. Je sens mes yeux rouler dans leurs orbites, affolés par la drogue qui poursuit son chemin dans mes veines. Le poids pourtant léger sur mon dos me donne l’impression d’être entravé. Enchainé, cloué sur l’autel des martyrs. La tête me tourne, aucun son ne me parvient si ce n’est celui trop bruyant de ma respiration comme filtrée à travers une main. Une main qui enserre ma bouche et appuie de toute sa pression sur mon visage pour l’écraser, éclater mon crâne. J’essaie de me débattre mais une nouvelle attaque à mon épaule arrête net toute tentative. J’ignore si mon cri est même sortit de ma gorge. Mes hurlements s’étranglent avec ce qu’il reste de mon esprit. Le tissu me colle au visage par la sueur, les larmes et la bave, une cagoule humide de sentencié à mort. Mes doigts cherchent désespérément où s’agripper, ils raclent la couverture et se prennent dans les plis. Mon âme essaie de ramper hors de mon corps. Fuir. Une dernière chance. Mais on ne me laisse pas le droit d’en finir. On fouille en moi, on torture ma chair pour en arracher quelque chose. On veut m’arracher tout espoir, littéralement. Je ne veux pas mourir. A cet instant plus que tout autre je viens de comprendre. Combien il y a à perdre. Je ne veux pas tout perdre. Je n’ai plus rien. Je ne veux pas la perdre. Elle est tout ce qu’il me reste. Elle est un tout. Elle me suffit. Silk, je veux Silk. Quoi ? Nouveau cri qui me déchire le gosier. J’essaie de me débattre plus fort contre l’agression. Le Capitole ne m’aura pas. Le treize ne m’aura pas. La vie ne m’aura pas. La mort ne m’aura pas. Je ne les laisserais pas me tuer. J’émets des sons inaudibles, incompréhensibles même à mes oreilles. La souffrance qui me parvient de mon épaule me donne l’image d’une entaille faite à la hache, lorsque l’écorce et le bois s’écartent et laissent un vide. Un vide trop plein de tourment. On me plante insidieusement dans le corps, un bec de corbeau qui s’adonne de ma chair. Laissez-moi, laisse-moi toi qui t’acharne sur mon cadavre. Je ne veux plus souffrir. Vous m’avez déjà assez malmené. Ce monde m’a déjà assez torturé. J’ai trop mal. Je n’en peux plus de la violence. S’il vous plait. S’il te plait Silk, abandonne.

« Silk… »

A moitié étouffé, son prénom en supplication. Silk protège-moi. Silk guérit-moi. Silk sauve-moi. Je ne sais si j’hallucine ou si tout ceci est bien en train de se passer. Mon esprit se fait encore plus distant. Il se réfugie ailleurs. Loin des ombres terrifiantes qui dansent autour de moi. Elles font la ronde en attendant la dernière seconde pour me fondre dessus. Des enfants moqueurs qui tournent, ils rient. J’attends de recevoir la première pierre au visage. Nouveau cri de souffrance, incontrôlable. Repenser à des choses heureuses, des souvenirs lumineux pour effacer ces ténèbres. Tenter de soulager un peu la peine. Quelque chose, n’importe quoi. Mon frère me faisant un signe avec le sourire. Le bruit de la viande qui grille sur le feu. La chaleur des murs d’un foyer. La bienveillance de Thybalt. La sensation d’avoir quelqu’un à qui me confier. Le goût salé de la peau de Silk. Le dessin d’un ange sous mes doigts. Ses mains contre mon corps. Mon corps sur le sien. Chaud. Son corps. J’ai trop chaud. Un corps. Un corps mort. Castiel. Le sien. Une odeur de sang. Une odeur de mort. Ces images dans ma tête, l’horreur prend de nouveau le pas sur le bonheur. Ça suffit, laissez-moi !

Un hurlement. Encore un. Les larmes et la sueur me brûlent les yeux. Je n’ai même plus la force de me débattre. Une brève lucidité me fait comprendre que l’on recoud ma chair. Mon cœur bats tellement vite que je m’attends à l’entendre exploser d’une seconde à l’autre. Ce que j’éprouve m’est intenable, la nausée me maltraite. J’aimerai tout évacuer, vomir le plus profond de mes entrailles pour ne plus rien avoir à ressentir. Me réfugier dans un trou, un cocon, quelque chose qui m’engloberait jusqu’à ce que tout cela soit bien finit. Que quelqu’un me prenne dans ses bras, juste pour cette fois. Les images reviennent me hanter, j’ai l’impression de voir des visages penchés au-dessus de moi. Ils parlent mais je n’entends rien. La lumière m’aveugle, le blanc de leurs tenues aussi. J’ai peur. J’ai peur putain. Il me semble trembler, mes nerfs martèlent chaque écho de la plaie dans de désagréables soubresauts. Mes muscles sont raidis par le traumatisme. Le poids qui me dominait a disparu. Je tente de remplir mes poumons d’air mais mon souffle se saccade, erratique et acide. Mes mains agrippent les draps et je tente de relever ma tête de sa prison étouffante. En vain. Je finis par rouler sur le côté, sombrant de nouveau dans l’inconscience.

Je n’ai jamais été fort, je ne peux plus prétendre le contraire. J’aimerai une chance de tout recommencer. Trouver la réponse qui se trouve tout au fond. Une chance de me repentir, me pardonner. C’est étrange. Même quand tout espoir semble anéantit, même quand on se refuse au couvert du mensonge, on trouve toujours quelque chose. Ce n’est peut-être encore qu’un léger grain de poussière à entraver les rouages de la fin, une bougie qu’un océan de ténèbres attend de noyer. Mais aussi petite soit-elle, elle a rallumé quelque chose en moi. Cette fois-là près de la rivière. « Laisser s’éteindre un feu pour en allumer un autre. » Aujourd’hui je comprends. Il n’a jamais cessé de brûler. Je n’ai jamais été fort, mais elle m’a donné la force de continuer. Si je survis, plus rien ne sera jamais pareil. Parce que cette braise que j’ai laissée sans surveillance est devenue un danger.

Silk Preston.

Quelque part dans mon sommeil entre terreur et douleur, je crois que ma main s’est refermée sur la sienne.

THE END
& A suivre.
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