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 II,1 ; Last goodbye, dying breath ; Icare & Katell

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II,1 ; Last goodbye, dying breath ; Icare & Katell Vide
MessageSujet: II,1 ; Last goodbye, dying breath ; Icare & Katell   II,1 ; Last goodbye, dying breath ; Icare & Katell Icon_minitimeLun 21 Mai - 16:47






Une porte se referme ; sur mon enfance, sur celle qui a fait de moi ce que je suis. Ma mère, surement ma dernière visiteuse. Ils ont dû la faire sortir à quatre, quatre Pacificateurs pour l’emmener dehors tellement elle s’accrochait à moi, tellement la douleur de perdre sa fille était grande. Je lui ai dit de pas s’en faire, d’avoir confiance en moi mais, moi-même, je n’étais pas convaincue par la sonorité de ma voix, trop hésitante. Mon père, il n’a absolument rien dit durant notre entretien d’adieu. Il s’est contenté de me regarder comme si c’était la première fois qu’il me voyait. Assis dans un coin de la pièce, il s’est seulement levé pour m’embrasser le front et me dire qu’il m’aimait du plus profond de son âme, juste avant de partir. Elliot, lui, a refusé de venir me voir mais, Condor m’a expliqué pourquoi. Notre ainé lui a dicté son discours avant l’entretien et, s’il ne s’est pas rendu à ce dernier, c’est qu’il sait que je revendrais. Il lui a aussi dit que… venir me dire au revoir, c’est comme accepter le fait que je sois mise à mort, c’est accepter que je puisse mourir pendant les jeux. Hors, il sait que cela n’arrivera pas. Son absence, pour lui, est un espoir de retour, elle est son seul espoir à lui. Elliot m’a fait promettre à Condor de revenir en vie et, c’est ce que j’ai fait. J’ai promis aux miens de revenir chez moi, une fois les Hunger Games finis. Certes, j’ai peut-être menti mais, ils étaient tout aussi lucides que moi que cette promesse ne dépend pas seulement de moi. Elle dépend de l’image que le Capitol aura de la fille du 10, elle dépendra des juges, du président et de tous ceux qui regarderont les jeux tranquillement installés chez eux, y compris les habitants de ce district. Je serais surement la seule à me battre réellement pour m’en sortir mais, savoir que d’autres se battent pour moi à l’extérieur de l’arène est une de mes plus grandes motivations.

Lorsque le déclic du verrou de la porte se fait entendre, je craque cependant. J’ai accumulé ma peine, ma peur de jamais les revoir et, toute ma souffrance fini par déborder. Cédant au poids sur mes épaules, je m’écroule au sol et porte mes mains à mon visage ; comme si les murs avaient des yeux pour voir et se moquer de mes larmes. Oui, j’ai peur, je suis simplement terrifiée mais, je suis consciente que c’est normal de l’être. Tous les tribus doivent être dans le même état et, si ce n’est pas le cas, c’est qu’ils sont tout bêtement insouciants. Nous avons tous une chance sur 24 de nous en sortir, ce n’est pas comme si les choses étaient jouées d’avance. Comment être calme ou sereine à ce stade du jeu ? Je ne suis même pas sure de pouvoir me relever tant la réalité des choses m’écrase au milieu de cette pièce. Je me sens petite, minuscule, si fragile face à ce qui m’attend. J’aimerais m’enfuir loin loin mais, des Pacificateurs sont postés derrière cette porte au cas où. Ils ont décidément pensé à tout, vraiment tout prévu. Je suis prisonnière et… seule. Terriblement seule. Posant mes bras sur les genoux, j’enfuis ma tête à l’intérieur du cocon qu’ils forment. Si seulement je pouvais revoir Shawn ou, Icare. Après tout, eux aussi font parti de moi, de ma famille…

Je n’arrive pas à contrôler mes sanglots. Postée au centre de la pièce, adossée à l’un des pieds de la table de bureau, j’essaye de me vider de mes larmes afin d’être le plus insensible possible le moment venu. Il ne faudra pas que je me montre trop douce, trop gentille. Il faudra être forte et… terriblement cruelle mais, dieu que cela ne me ressemble pas ! Comment vais-je faire ? Tuer des hommes est-il aussi simple que tuer des lapins ? Suffit-il de ne pas trop s’y attacher, de ne pas leur donner de prénom ? Dans mon cas, faudra-t-il que j’ignore les leurs ? Cela ne sera pas chose facile puisque nos noms seront le centre de l’attention de tout le monde. Un autre déclic me sort de mes questionnements ; Icare. Un pincement au cœur m’oblige à reconnaitre que j’aurais préféré que ce soit Shawn mais, voir mon meilleur ami dans ces circonstances ne pourrait me faire plus plaisir. Je sèche mes larmes maladroitement et me relève aussitôt pour courir me blottir dans ses bras. « T’es venu… » J’avais imaginé qu’on refuse l’accès à l’entretien à toute personne qui ne soit pas de ma famille mais, je suis contente de savoir que je ce n’est pas le cas. « Je… » J’essaye de peser mes mots mais, je ne trouve pas la force. « Je ne veux pas y aller, je ne veux pas partir. » Comment une enfant qui ne veut pas aller chez le docteur, je m’éloigne de lui et affiche une mine déconfite par la terreur. « Je n’y arriverais jamais. » Pourquoi mentir après tout ? Icare me connait mieux que personne, mieux que moi même. J’ai peut-être essayé de me montrer digne face à ma famille, rien ne sert de faire de même avec lui. Il sait lire en moi, il a sans doute déjà compris que j’ai la trouille de ma vie.


Dernière édition par Katell P. Zacharias le Mer 30 Mai - 15:39, édité 3 fois
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II,1 ; Last goodbye, dying breath ; Icare & Katell Vide
MessageSujet: Re: II,1 ; Last goodbye, dying breath ; Icare & Katell   II,1 ; Last goodbye, dying breath ; Icare & Katell Icon_minitimeLun 21 Mai - 17:48






Ils disent toujours que les Jeux sont faits pour ôter aux districts l’envie de se rebeller. Ils disent toujours que les Jeux sont faits pour montrer à quel point la rébellion a été cruelle. Mais enlever les êtres aimés de chacun n’est qu’un moyen de plus d’enrager le peuple, de le faire bouillir et de le pousser à renverser le régime non ? Et la Moisson est plus cruelle encore que ce qui s’est passé car elle frappe au hasard des générations d’innocents qui n’ont entendu de la révolution que des rumeurs. Alors pourquoi ? Juste pour prouver que le Capitole fait ce qu’il veut et qu’il peut saigner à blanc les gens normaux sans aucune impunité ? Oui. Oui, juste pour montrer que vous n’êtes que des bêtes qui peuvent à tout moment être menées à l’abattoir. Et c’est triste. D’ailleurs tu en pleures.

Il ne faut pas pleurer tu sais, on dit que ça fait du bien mais il ne faut pas. Parce que tes larmes me brisent le coeur. Tes larmes ne laissent aucun espoir, et il ne faut pas tuer l’espoir. Icare. Tu te souviens ? Tu t’appelles Icare pour pouvoir voler de tes propres ailes. Pour pouvoir défier le mythe originel dans lequel le fils de Dédale s'abîme dans les flots. Pour défier le destin. Alors il ne faut pas que tu pleures. Aujourd’hui il faut que tu soies fort. Pas pour toi, ton jour viendra dans d’autres temps, mais pour Katell. Et pour Emilia. Tu te souviens ? A cause de toi elle n’a plus rien à part son amant orphelin. Si tu te brises, tu la laisses. Plus que jamais toutes deux ont besoin de ton soutien, de ta confiance. Elles ont besoin de quelqu’un qui les prenne par la main et les regarde dans les yeux en disant que tout va bien aller. Et peu importe si c’est un mensonge, ce qui compte c’est d’y croire. C’est qu’elle y croient. Il le faut. Sinon vous êtes perdus.

Tu as dit à Emilia de rentrer à la maison, de t’attendre, de faire ce qu’elle veut. Mais tu veux être seul, ou du moins tu ne veux pas de sa présence aimante. Tu n’as pas besoin d’amour. C’est pourquoi tu iras voir ta meilleure amie et pas pour la dernière fois. Ce ne sera pas la dernière fois, elle reviendra, aussi ce ne seront pas des adieux. D’accord ? Pas d’adieux pour aujourd’hui, juste une preuve de soutien dans l’épreuve qu’elle va subir. Promis ? Hein, promets-le moi. Promets-moi que tu ne te laisseras pas aller à la donner morte de suite, ne l’enterre pas maintenant. Ce serait le début de la fin. Ce sont les autres tributs que tu peux dès à présent considérer comme cadavres, pas elle. Ta blondinette de presque soeur gagnera, elle pourra subvenir aux besoins de sa famille, elle pourra épouser Shawn et vivre heureux pour le restant de ses jours. Puis vous resterez les meilleurs amis que cette Terre ait porté. Cela ne doit pas se passer autrement. Cela ne peut pas se passer autrement. Allez, sèche tes larmes avant d’aller la serrer dans tes bras, tu ne veux pas ressembler à une chiffonnade humaine alors qu’elle s’en va vers la gloire, qu’elle va monter dans le train qui a pour terminus le Capitole.

Tu passes les portes avec un air digne, snobant les Pacificateurs. Tes pleurs ne sont plus qu’un mauvais souvenir que l’on peut à peine remarquer dans tes yeux un peu rougis. Elle te connaît, elle les verra. Mais ce n’est pas grave, tu feras semblant. Hein, tu feras semblant d’accord ? Comme si tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Et c’est le cas. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Possibles, c’est le mot que les gens oublient souvent de mettre à la fin de cette citation. Il ne faut pas l’oublier, la phrase y perd plus qu’une once de sens. Tu as dit aux ‘gardes’ que tu venais voir la tribut et ils t’ont laissé passer avec un grognement. Tu n’as plus qu’à appuyer sur la poignée et à pousser la porte. Oui comme ça, comme tu le fais depuis que tu es en âge d’atteindre une poignée de porte. Et ne laisse pas ta main trembler s’il te plaît.

Elle est dans un coin de la pièce. Elle aussi s’est laissée allé à des larmes inutiles mais bienfaitrices. Ce doit être affreux pour elle. J’imagine aisément la peur logée dans son ventre comme un serpent roulé en boule, le doute susurrant à son oreille comme un démon affreux car tangible. A ta vue elle marque un temps d’hésitation comme si elle s’attendait à quelqu’un d’autre. Elle espérait très certainement Shawn. Mais cela ne l’empêche pas de s’essuyer les yeux et de venir se lover contre toi, des sanglots la secouant toujours. « T’es venu… » Evidemment que tu es venu. Tu resserres maladroitement tes bras autour d’elle et lui tapote le dos en silence, sachant qu’elle va dire autre chose. « Je ne veux pas y aller, je ne veux pas partir. » Qui voudrait y aller à part ces brutes épaisses du un et du deux ? Qui serait assez fou pour aller délibérément se battre avec des innocents pour finir boucher ou morceau de viande ? Elle s’extirpe de ton étreinte et bégaie : « Je n’y arriverais jamais. » Dis-lui qu’elle n’a rien à craindre, dis-lui qu’elle va gagner et que tout va bien se passer. Allez dis-lui qu’est-ce que t’attends ? Oh non... Non ne dis pas ça, ne fais pas ça.

« Tu n’es pas obligée d’y aller Katell. » Si, si elle est obligée, allez ne sème pas le doute dans son esprit ! « Tu peux encore t’enfuir, disparaître, je peux t’aider, te couvrir pendant que tu passes la fenêtre. » Putain Icare fais pas le con, lâche sa main et laisse-la tranquille, dis-lui que tu t’égares, mens-lui. Bordel abruti sois raisonnable une fois dans ta punaise de vie ! Je t’en prie...
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MessageSujet: Re: II,1 ; Last goodbye, dying breath ; Icare & Katell   II,1 ; Last goodbye, dying breath ; Icare & Katell Icon_minitimeLun 21 Mai - 18:43






« Tu n’es pas obligée d’y aller Katell. » C’est vrai ? J’écarquille les yeux comme quand j’avais six ans et que maman me disait que je pouvais aller aux écuries. Un sentiment de bonheur éphémère, de liberté réservée. J’ai enfin l’impression que mon cauchemar va cesser de me faire souffrir et m’éveiller à tout moment. Est-ce possible de revenir en arrière, de refuser d’être tribu, rien qu’une fois ? Les mains posées sur son torse, j’ose imaginer que le Capitol peut se montrer indulgent mais, les yeux rougis de mon meilleur ami me ramènent vite à l’évidence. Il ne me propose pas d’échapper aux jeux de façon officielle et, mon cœur se resserre dans ma poitrine tant cette idée me parait aussi géniale que suicidaire. « Tu peux encore t’enfuir, disparaitre, je peux t’aider, te couvrir pendant que tu passes la fenêtre. » Je secoue doucement la tête, un sourire triste se dessinant sur mon visage. Icare, du grand Icare. Il ne changera jamais et, je dois avouer que je ne voudrais pas qu’il le fasse, pour rien au monde. Son idée est tentante mais, l’image de deux étages plus bas me coupe l’envie de sauter. « Ce ne serait pas raisonnable puis, on risquerait d’y rester tous les deux. » Pour la première fois depuis que je suis montée sur l’estrade, je ressens l’envie de me battre vraiment. Oui, je préfère mourir dans l’arène plutôt que voir mon seul et véritable ami mourir à ma place, pour m’aider à m’enfuir. Je ne fuirais pas, je ne me montrerais pas aussi faible puisque c’est la faiblesse la première cause de mortalité dans l’arène. Je sais qu’il dit ça pour m’aider, parce qu’il est aussi désespéré que mes frères à l’idée de me voir morte assassinée par un autre tribu. Je sais qu’il essaye de trouver un moyen pour m’éviter me même sort que beaucoup d’enfants ont subi avant moi mais, nous n’y pouvons rien, il n’y pourra rien. Le Capitol est maitre du monde et, là aussi, nous n’y pouvons rien. Du moins, pour l’instant…

Je m’éloigne pour regarder quand même par la fenêtre. « C’est moins haut que ce que je l’aurais pensé. » dis-je avec une pointe d’ironie dans la voix. Si je me débrouille bien, avec un peu d’agilité et de silence, je pourrais me glisser à l’extérieur discrètement. La foule sur la grande place à commencé à se disperser puis, les Pacificateurs sont quasiment tous à l’intérieur de l’hôtel de ville pour veiller au grain. Je lance un regard hésitant vers Icare. Et si l’on tentait le coup, juste pour voir ? Je lui montre la porte des yeux pour l’inciter à la surveiller, le temps pour moi d’essayer d’ouvrir cette fichue fenêtre. Je fais trainer mes doigts sur le rebord de façon à me convaincre moi-même que je ne fais pas une énorme bêtise. Ce ne serait pas la première fois que nous faisons les quatre cent coups ensemble mais, cette fois ci, il y a un trop grand enjeu. Mon sang bouillonne en moi, mes tempes me font mal. Arrivée au centre du bas de la vitre, je glisse mes doigts dessous pour essayer de la soulever doucement mais… rien, elle ne bouge pas. Je regarde Icare pour lui faire comprendre que la fenêtre ne veut pas bouger, même lorsque j’essaye de la soulever avec les deux mains. « Ils ont dû le prévoir, ils ne nous laisseraient pas seuls dans une pièce si en sortir pouvait être aussi simple. » dis-je d’un ton sec et amer, comme si son plan me paraissait tout à coup énormément idiot. Il n’y est pour rien mais, mes nerfs commencent à me lâcher. Désolée par mon attitude, j’avance vers lui dans l’attente dans autre plan de secours. « Ils sont combien, là, dehors ? » Je sais, mon idée est encore plus suicidaire que la sienne mais, c’est la seule qu’on ait. Je colle une oreille à la porte pour deviner le nombre d’hommes qui se cachent à l’extérieur mais, je n’entends absolument rien. Là encore, ils ont dû y penser et, je réalise alors que, même en sachant combien de Pacificateurs se tiennent derrière cette porte, je n’oserais jamais mettre la vie d’Icare en danger. Vouloir m’enfuir est une folie, je ne pourrais jamais faire ça, ce serait complètement lâche. « Je ne peux pas faire ça. T’imagine ce que cela représente ? Le déshonneur pour notre famille si jamais on se fait pendre ? » J’enfuis de nouveau mon visage entre mes mains. J’aimerais y croire, j’aimerais pouvoir m’enfuir avec lui mais, pour aller où ? « Je préfère encore essayer de me battre plutôt que nous condamner tous les deux. » dis-je en levant la tête. « Puis, Emilia ne me le pardonnerait jamais s’il t’arrivait quelque chose par ma faute… »
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II,1 ; Last goodbye, dying breath ; Icare & Katell Vide
MessageSujet: Oui ça fait très mélodrame je trouve le "fuis tant que tu peux" XD   II,1 ; Last goodbye, dying breath ; Icare & Katell Icon_minitimeMar 22 Mai - 17:03






Pendant un moment elle a semblé surprise, émerveillée. Elle a été remplie d’espoir, elle en a été gonflé comme un pauvre hère se gonfle d’eau quand il trouve une oasis alors que cela fait trois jours qu’il marche dans le désert. Mais elle a bien vite compris. Et elle est réaliste elle. C’est pourquoi elle écoute la voix de la raison : « Ce ne serait pas raisonnable puis, on risquerait d’y rester tous les deux. » Mais tu la connais. Tu lis en elle comme un livre ouvert, tu vois parfaitement cette lueur qui brille au fond de ses yeux. Elle meurt d’envie d’essayer, juste d’essayer. Parce qu’elle a peur et que tu lui offres une échappatoire, quelque folle qu’elle soit. C’est pourquoi elle se dirige vers la fenêtre fermée et regarde en contrebas : « C’est moins haut que ce que je l’aurais pensé. » Sa voix est teintée de cynisme mais c’est pour se donner une contenance, rien de plus. Car les apparences sont la vie même de l’homme, même si elles n’ont jamais compté entre vous deux les bonnes vieilles habitudes ressurgissent facilement, surtout dans ce genre de situation. Tu ne lui en tiens pas rigueur, comment le pourrais-tu ? Qui le pourrait après ce qui vient de lui arriver ? Oh non, je m’arrête tout de suite. La plaindre reviendrait à dire qu’elle peut mourir. Ce qui est impossible puisqu’elle va gagner et revenir. Il n’y a pas de doute à émettre quant à ce point.

Elle se dirige tranquillement vers la fenêtre comme si de rien n’était et tente de l’ouvrir, d’abord doucement puis devant la résistance de la chose avec force. Ses deux mains n’y font rien et pourtant Dieu sait qu’elle n’est pas juste une poupée Barbie, elle travaille avec les chevaux et pour ça il faut de la force, pas qu’un peu même. Elle a beau s’arc-bouter, s’acharner, se révolter contre cette maudite fenêtre, rien n’y fait. Elle reste hermétiquement close. En même temps tu croyais quoi Icare ? Qu’elle allait s’ouvrir, qu’une nuée d’hirondelle allait porter Katell jusqu’au sol et que les Pacificateurs avec des fleurs dans leurs canons de fusils lui feraient une haie ? Bien sûr que non abruti, tout est fait que les choses se passent sans accroc, que les tributs choisis aillent au Capitole le tout sans effusions de sang si possible et puis basta. D’ailleurs s’il doit y avoir des effusions de sang il y a des effusions de sang, les Pacificateurs n’en sont plus à ce détail près. N’est-ce pas ? Tu en gardes un mauvais souvenir hein ? C’était torturant la torture... Surtout quand on a rien fait, ça c’est con.

« Ils sont combien, là, dehors ? » What The F... ? Wow, wow, wow, wow... Tout doux là ! C’est quoi cette idée foireuse ? Ah nan mais là je démissionne si vous faites ça juré ! C’est quoi le problème avec vous ? Il vous manque des neurones ou quoi ? Vous voulez attaquer des putains de Pacifis armés sans pitié qui sont plusieurs dizaines ? Le tout sans arme, en étant mineurs et avec Katell en robe hypra longue qu’elle peut même pas marcher avec ? Vous avez fumé quoi mes pauvres gamins là ? Franchement faut arrêter la moquette, ça vous monte au cerveau ! « T’as craqué là Katell ? Tu crois qu’on pourrait passer ? Autant défoncer direct la fenêtre et sauter, on aurait encore plus de chances de s’en sortir ! » Ah ! Enfin un peu de raisons dans cette situation débile ! Au moins tu sais reconnaître certaines évidences. Autant l’envoyer dans l’arène avec vingt-trois hippopotames à la place des tributs ! Comment ça pas des hippopotames ? Mais tu sais que des hippopotames ça tue plus de gens que les requins par an ? C’est hyper dangereux un hippopotame si tu l’embêtes ! Et pis pour le tuer... Pas facile, ça a le cuir dur ces trucs là tu sais.

« Je ne peux pas faire ça. T’imagine ce que cela représente ? Le déshonneur pour notre famille si jamais on se fait pendre ? » Ah bah voilà, même pas besoin de lui parler d’hippopotames pour qu’elle revienne à la raison ! Si on peut appeler raisonnable une fille qui a peur que son pote se réveille avec un lama à nageoires à sa place... « Je préfère encore essayer de me battre plutôt que nous condamner tous les deux. Puis, Emilia ne me le pardonnerait jamais s’il t’arrivait quelque chose par ma faute… » Au moins la princesse a le sens de l’honneur et de l’amitié. Tu sais parfaitement à quel point sa famille serait humiliée en plus d’affligée de la voir se balancer au bout d’une corde de chanvre. Avec les corbeaux pour venir lui picorer les yeux, les rats pour grimper sur la potence et dévorer sa chair en putréfaction avant qu’elle ne soit perdue... Tu chasses cette vision horrible de ta tête et la regardes dans les yeux : « Emilia sait depuis le moment où ton nom a été annoncé que j’allais tenter quelque chose. Elle n’a rien dit et jamais elle ne te blâmerait. » Et puis si tu meurs elle regagnera son héritage et sera à l’abri, une pensée rassurante de plus. Tu te diriges vers la fenêtre dont tu examines le cadre. Là : un loquet. Stressée qu’elle l’est, Katell ne l’a pas vu. Tu le tires et commences à relever la fenêtre. Las, elle est trop vieille et ne consent pas à s’ouvrir sans rien dire, aussi comme Katell tantôt tu es obligé d’y mettre toute ta force pour qu’enfin elle se soulève... Dans un grincement de fin du monde auquel les Pacificateurs ne peuvent avoir été sourds. Paniqué, tu regardes Katell et lui souffles : « Vas-y Katell, vite ! Je peux les retenir, fuis tant qu’il est encore temps ! »
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MessageSujet: Re: II,1 ; Last goodbye, dying breath ; Icare & Katell   II,1 ; Last goodbye, dying breath ; Icare & Katell Icon_minitimeJeu 31 Mai - 18:30






« Emilia sait depuis le moment où ton nom a été annoncé que j’allais tenter quelque chose. Elle n’a rien dit et jamais elle ne te blâmerait. » Venant de sa part, cette réaction ne m’étonne pas mais, je ne peux m’empêcher de culpabiliser ; vis-à-vis d’Emi, de leur avenir, de leur bonheur tout simplement. J’ai toujours pu compter sur Icare et son impulsivité lors des plus folles des situations. Il nous a toujours sorti d’affaire, m’a toujours aidé de son mieux, toujours lorsqu’il le pouvait. Je lui dois pour ainsi dire énormément mais, ce que je lui dois surtout, c’est son amitié en retour. J’ai beau avoir eu cinq frères à la maison, il a toujours été celui que je considérais comme mon sixième frangin et, le voir ainsi, voulant se sacrifier pour moi me réchauffe le cœur autant qu’il me le brise. « S’il te plait… » Ce sont les seuls mots que j’arrive à prononcer, une boule au fond de ma gorge m’empêchant de parler correctement. Il est trop tard, je le sais. Il est déterminé, comme toujours. Icare ne lâche jamais prise avant d’avoir atteint son but, il n’est pas du genre à se défiler avant d’avoir terminé son affaire. Il tient ses promesses et, cela, peut importe qui se met en travers de son chemin et c’est cela qui me brise le cœur. Je n’ai pas envie, pas envie qu’il se batte, pas cette fois, pas pour moi. Il m’a déjà trop protégé par le passé. Cette fois, je m’en sortirais seule, en faisant preuve de courage et de dignité, comme j’ai toujours essayé de le faire. Un click, un seul. Il me fait retourner aussi vite que si Shawn était rentré dans la pièce sans me prévenir. « Qu’est-ce que tu fais ? Non ! » Mais, là encore, il est trop tard. « Vas-y Katell, vite ! Je peux les retenir, fuis tant qu’il est encore temps ! » Non ! Je ne peux pas faire ça, je ne le peux pas. Je perds pourtant un temps précieux à fixer cette putain de fenêtre entrouverte. Que faire ? Suivre une fois de plus les folies de mon meilleur ami, sans penser aux conséquences ou… La porte d’entrée s’ouvre en grand. « Non ! Il n’y est pour ri… » Je n’ai pas le temps de finir mon mensonge que le pacificateur me pousse en travers de la pièce. « Non, laissez-le ! » J’ai beau crier, j’ai la nette impression que ma voix n’atteint personne. Icare ne bouge pas, surement entrain de réfléchir à une autre échappatoire possible et, le pacificateur ne ralenti pas sa cadence, se dirigeant toujours vers mon ami comme s’il s’agissait d’un voleur ou d’un meurtrier en cavale. J’ai l’impression d’être devant un tableau dont je ne comprends absolument pas le sens. Mon cerveau se déconnecte, j’essaye de faire une mise à jour mais, le bug perdure. Prise de panique, je cours vers l’homme en tenue sana réfléchir et lui saute dessus juste avant qu’il ne rattrape Icare. « Laissez-le, je vous dis ! Il n’a rien fait. » Pas encore, il n’en a pas eu le temps. Je glisse, lui donne des coups de poing tout en me raccrochant à lui mais, j’essaye surtout de gagner du temps. L’homme se débat et, mal positionnée dés le départ, je glisse de son dos et tombe à terre comme un sac à patates, déchirant ma belle robe au passage. Ma mère va me tuer. Peu importe, je suis déjà morte ! « Va-t-en ! » Dis-je en essayant de me relever, juste à temps pour voir le pacificateur sortir son arme. « Noon ! » Le son du coup de feu résonne dans ma tête comme un dernier battement d’ailes de papillon. Vous savez, ceux qui peuvent créer des tornades à l’autre bout de la terre, ceux qui changent votre vie à jamais. Les yeux grands ouverts, mon cœur au bord du précipice, je cours vers celui qui comptait me sauver la vie dix minutes plutôt. Comment ai-je pu être aussi bête ? Comment ai-je pu laisser arriver une chose pareille ? Me rendant aux côtés d’Icare, je le prends dans mes bras, j’essaye de le soutenir de mon mieux. Nous pouvons encore nous en sortir ! « Ca ne va pas la tête ! Il faisait chaud, nous… » Une odeur étrange me chatouille les narines mais, je suis trop concentrée sur le pacificateur pour me rendre compte qu’il a touché mon ami de plein fouet et que, par malheur, c’est l’odeur de son sang qui me donne des nausées. « …nous… il voulait juste ouvrir… » Un mauvais pressentiment et je plonge mon regard dans celui d’Icare. « Dis moi que tu n’as rien… » Je reviens au pacificateur qui nous contemple d’un air distant, arrogant. « Que lui avez-vous fait ? » Je le supplie, je prie pour qu'il me mente. Une véritable première ! Je le sais ce qu'il a, je le sens. Je sens que plus rien ne sera pareille après cet entretien, d’ailleurs, il dure plus longtemps que prévu, non ? Je sais qu’Icare a été touché mais, je refuse de l’admettre, comme si cela pouvait retarder l’évidence…


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II,1 ; Last goodbye, dying breath ; Icare & Katell Vide
MessageSujet: Re: II,1 ; Last goodbye, dying breath ; Icare & Katell   II,1 ; Last goodbye, dying breath ; Icare & Katell Icon_minitimeSam 2 Juin - 17:26






« Qu’est-ce que tu fais ? Non ! » Tu vois ? Elle ne veut pas de ton sacrifice inutile, elle ne veut pas que tu tentes le diable pour une chose si futile. Oui, futile car elle reviendra. Et cet acte prouve que tu n’y crois pas, que tu ne lui fais pas confiance. Alors arrête immédiatement espèce de moule crue ! S’il t’arrive quelque chose je pourrai te dire que je t’avais prévenu. Ne te fais pas blesser pour l’aider contre sa volonté. Ferme cette fenêtre avant que... Que la porte ne s’ouvre comme elle vient de le faire sur un Pacificateur à l’air aussi patibulaire que déterminé. « Non ! Il n’y est pour ri… » Mais elle n’a pas le temps de finir que déjà l’homme la repousse, sourd à ses justifications. « Non, laissez-le ! » Elle pourra toujours essayer, tu sais bien que l’agent du Capitole ne prêtera nulle attention à ses imprécations criées d’une voix empreinte de peur panique. Ton sang est figé, comme glacé dans tes veines et tu ne bouges plus, moitié paralysé, moitié lucide. Tu sais plus que parfaitement que tenter quelque chose ne servirait à rien d’autre qu’envenimer la situation. Si tu dois être puni, alors soit. Evidemment que tu as peur de mourir, mais il ne te tuera peut-être pas, après tout il n’a aucune preuve que tu tentais réellement de faire échapper ton amie. Mais cette dernière court jusqu’au Pacificateurs et commence à le bourrer de coups, accrochée à lui comme une sangsue. « Laissez-le, je vous dis ! Il n’a rien fait. » Ses efforts cependant, sont vains puisque son adversaire est bien plus fort qu’elle et la fais sans mal tomber au sol, déchirant sa magnifique robe vaporeuse. Un cri de rage t’échappe et tu esquisses un mouvement vers elle, furieux. Bang. Tu n’en as pas eu le temps. La balle a pris son envol, fuyant le canon de l’arme avec empressement. Le Pacificateur n’a pas eu la moindre hésitation quand son doigt a pressé la détente et il t’a tiré droit dans la poitrine, quasiment à bout portant. Elle a pénétré ta chair à une vitesse folle, t’arrachant un cri de douleur intense. Je devrais dire que je t’avais prévenu mais que tu ne m’as pas écouté. Mais je n’en ai pas envie. Pourquoi as-tu fais ça espèce d’idiot ? Il te suffisait de passer lui souhaiter bonne chance, il te suffisait de croire qu’elle allait revenir. Tout aurait été plus simple. Pourquoi ne m’as-tu pas cru quand je t’ai dit que tu n’avais rien à craindre ? Parce que je mentais ? Peut-être, oui. Mais tu aurais au moins dû faire semblant, te raccrocher à ce mensonge car il était beau. Elle te prend dans ses bras, fébrile, et admoneste l’homme : « Ca ne va pas la tête ! Il faisait chaud, nous… » Elle suffoque. « …nous… il voulait juste ouvrir… » Oh ses mensonges... Qu’ils sont innocents... Il sait très bien, elle sait très bien... Tu sais très bien que si tu as ouvert cette fenêtre c’était pour qu’elle puisse s’échapper, fuir la barbarie des Jeux auxquels elle n’avait nulle envie de participer. « Dis moi que tu n’as rien… » Dis-lui, allez dis-lui s’il te plaît. Dis-lui que tu n’as rien, que ce n’est qu’une égratignure, que tu as vu bien pire, que tu t’en remettras, qu’on ne te tue pas comme ça. Mens-lui, ça fera toujours du bien. Elle s’adresse encore au démon, tu ne cherches pas à comprendre ce qu’elle dit. Tu la regardes dans les yeux et serres fébrilement ses doigts. « Je n’ai pas rien Katell, tu le sais... » Non, s’il te plaît ne dis pas ça, n’abandonne pas. Tu tousses et du sang vient remplir ta bouche, tachant plus encore sa sublime robe. La balle a dû toucher un poumon. « Mais ce n’est pas grave, ce n’est pas grave... » Si c’est grave, si c’est grave bordel ! Gamin, tu vas mourir... Je ne veux pas... Pense à Emilia, pense à Katell. Tu ne veux pas rester encore un peu ? Tu ne veux pas voir la victoire de ta princesse à la télé ? Tu ne veux pas avoir un gamin à serrer dans tes bras ? Allez, je t’en prie, reste encore quelques décennies pour vivre. C’est beau la vie. La mort, elle, est trop vide pour qu’on puisse y trouver une quelconque joie. « Tu sais princesse, j’aurais bien voulu te voir vieillir, te voir heureuse avec Shawn. Je me suis toujours demandé quelle tête auraient vos enfants. » Un rire étranglé te secoue, des bulles d’hémoglobine s’échappent de tes lèvres. « Peut-être que ce seront des lamas à nageoires, après tout qui sait ? » Pourquoi est-ce que tu te sens obligé de faire de l’humour ? De te moquer de sa peur futile des mutations génétiques ? Ce n’est pas la peine de dédramatiser la situation, ça ne peut pas marcher. Est-ce que tu veux mourir avec sur le visage le spectre de ton dernier rire comme Fred Weasley ? Oh, j’oubliais, tu ne le connais pas. Ce n’est pas grave. Rien n’est plus grave maintenant. Ton sang bat à tes tempes, assourdissant, comme un tambour qui s'affole. Ton coeur s’agite comme un cheval sauvage qu’on emprisonne au lasso. Tes poumons crient désespérément, suppliants, quémandant un souffle d’oxygène. Ils envoient un S.O.S impérieux, demandent de l’aide pour s’écoper du sang qui les emplit. Ils ne veulent pas faire comme le Titanic, ils ne veulent pas couler. Je ne veux pas que tu coules gamin...
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II,1 ; Last goodbye, dying breath ; Icare & Katell Vide
MessageSujet: Re: II,1 ; Last goodbye, dying breath ; Icare & Katell   II,1 ; Last goodbye, dying breath ; Icare & Katell Icon_minitimeDim 3 Juin - 19:07






Pour la deuxième fois de ma vie, je réalise à quel point la vie peut être injuste. Je suis triste, abattue mais, surtout, très en colère ; contre le pacificateur qui nous fixe d’un air moqueur, contre Icare et sa folie suicidaire, contre moi-même et ma naïveté ! Je ne me suis jamais demandé vraiment comment je réagirais si l’un de mes proches venait à mourir avant moi. J’ai toujours veillé à ignorer le fait que ma mère ou mon père finiraient par partir tôt où tard mais, un ami… mon meilleur ami ! Jamais, je n’aurais pu penser une chose pareille. Cela aurait été du vice de penser à la mort d’Icare, comme si le penser pouvait anticiper la chose, comme si cela pouvait inciter la mort à se montrer avant l’heure. Non, jamais, je n’aurais pu faire cela puis, j’ai pu avoir un aperçu de ce que cela faisait de perdre quelqu’un après la mort de Lisbeth. Voir le chagrin de mon frère m’a fait prendre conscience que les jeux n’étaient pas qu’une simple fiction, que même si les moissons nous avaient tous épargnés -mes frères et moi- nos connaissances pouvaient être de la partie, comme tout le monde. Aujourd’hui, je fais moi-même partie de cet échiquier vivant et, comble de l’ironie, c’est Icare –qui n’a pas été moissonné- qui se sacrifie pour moi. Je me sens terriblement coupable mais, je lui en veux aussi également… Pourquoi ne m’a-t-il pas écouté ? Pourquoi a-t-il fallu qu’il tienne autant à moi, qu’il veille me sauver par tous les moyens ? Icare, tu n’étais pas sensé faire ça pour moi, tu n’étais pas sensé mourir, pas comme ça ! Emilia t’attend, tu ne peux pas lui faire ça. Non, tu ne peux pas me faire ça… Des larmes coulent toutes seules sur mes joues et, je ne prends même pas la peine de les masquer. Face à ma bornattitude, le pragmatisme d’Icare me touche en plein cœur. Non, il ne va pas bien et, je le sais. Je n’ai juste pas envie de croire ce que je vois et, pourtant, mes yeux ne peuvent se détacher de la tâche de sang sur son torse, qui grandit… et grandit à vu d’œil. Voulant croire à des pouvoirs magiques de guérisseuse, je pose mes mains dessus pour éviter que le sang ne coule d’avantage mais, bientôt, une énorme flaque nous entoure. J’essaye de l’ignorer mais, elle est trop envahissante, trop prévisible de ce qui nous attend. Je sens une bouffée de panique de serrer la poitrine et appuie d’avantage sur le dessus de la plaie. J’arrache un bout de tissu de ma robe avec ma main libre et, dégage le torse de mon ami du tissu trompé de sang pour le remplacer. A la vue de la plaie ouverte, le pacificateur s’éloigne et s’en va de la pièce. Il me laisse là, avec Icare dans les bras. Je n’ai jamais vu un acte aussi lâche, aussi malsain... « Tu sais princesse, j’aurais bien voulu te voir vieillir, te voir heureuse avec Shawn. » Sa voix me semble d’abord lointaine puis, me ramène doucement à la réalité. Je détourne les yeux de la porte fermée et pousse une des mèches rebelles d’Icare. J’ai l’impression de bercer un enfant, de l’aider à l’endormir mais, je n’ai pas envie qu’il ferme les yeux. « Chuuut ! Ne dis pas de conneries, reste av… » « Je me suis toujours demandé quelle tête auraient vos enfants. Peut-être que ce seront des lamas à nageoires, après tout qui sait ? » Son rire me semble mal placé mais, je lui souris tristement, pour lui faire plaisir. Il essaye de dédramatiser la situation mais, je sais qu’il sait autant que moi que l’heure est grave. Nous avons fait la pire bêtise de notre vie mais, quelque chose me dit que -cette fois- personne ne nous engueulera... Je serre son corps contre moi, comme si cela pouvait empêcher la mort de me le prendre. Je ne lui réponds pas, comme si sauvegarder mon souffle pouvait l’aider à conserver le sien. Je l’aime tellement… C’est fou comme il faut être au pied du mur pour se rendre compte des choses les plus simples. Lui ai-je seulement déjà dis à quel point je tiens à lui, à quel point il compte pour moi ? Non, je ne pense pas, je suis bien trop fière pour cela. « Peut-être que les tiens nageront dans le lac avec les miens, comme nous l’avons fait avant eux… » Je plonge doucement dans une sorte de bug, de mutisme. « …leurs nageoires leur permettraient de respirer dans l’eau. Ils pourraient pêcher sans se noyer ; comme quoi, ce n’était pas si con comme idée… » Qu’est-ce que je raconte là ? N’importe quoi ! Icare est en train de voir sa vie défiler devant lui et, je ne trouve rien d’autre à lui dire ? Je soupire longuement et sens d’autres larmes me mouiller le visage. « Emilia va vouloir me tuer lorsqu’elle va te voir revenir… » Ferme-là ! Ce n’est pas le moment de parler de nos petites jalousies, de nos petits différents ! Après tout, j’étais bien contente qu’elle soit là pour Icare, non ? « Je vais te sortir de là, tu verras. » Je vais pour me relever mais, je reviens aussitôt auprès de mon ami. Je n’ai pas envie de le lâcher, j’ai trop peur qu’il ne soit plus là à mon retour. Comme dans les jeux de la fin, j’ai peur qu’un hovercraft vienne le chercher pendant que j’irais chercher du secours. « Ohé ! » Je crie à tue-tête, je suis sure que l’on m’entend de l’autre côté de la porte. « On a besoin d’un médecin, appelez quelqu’un ! » Mais, personne ne me réponds. Un silence de mort m’irise les poils. « Vous m’entendez ? Venez nous aider !! » Personne ne viendra, nous le savons parfaitement. Ils veulent nous punir, nous faire mal. Comme si avoir été choisie ne suffisait pas, comme si dire adieux à me proches était un jeu d'enfant... les autorités me laissent mourir à petits feu en même temps que mon ami. Oui, ils savent parfaitement que je ne pourrais jamais me regarder dans une glace après avoir laissé tomber Icare, ils savent parfaitement que je resterais là jusqu'à la fin et... ils savent aussi à quel point cela me fait mal. Ils me torturent, à leur manière. Ils jouent avec moi et mes faiblesses, avant même le début des jeux...


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MessageSujet: Re: II,1 ; Last goodbye, dying breath ; Icare & Katell   II,1 ; Last goodbye, dying breath ; Icare & Katell Icon_minitimeMar 5 Juin - 11:10






Pippin : Je ne croyais pas que ça finirait de cette manière.
Gandalf : Fini ? Non, le voyage ne s'achève pas ici. La mort n'est qu'un autre chemin... Qu'il nous faut tous prendre. Le rideau de pluie grisâtre de ce monde s'ouvrira et tout sera brillant comme l'argent. Alors vous les verrez.
Pippin : Quoi ? Gandalf ? Voir quoi ?
Gandalf : Les rivages blancs... Et au-delà, la lointaine contrée verdoyante... Sous un fugace lever de soleil...
Pippin : Alors... Ça ne va pas si mal.
Gandalf : Non... Non, en effet. ► The Lord Of The Rings

Ne t’en fais pas, je vais bien.

« Peut-être que les tiens nageront dans le lac avec les miens, comme nous l’avons fait avant eux… leurs nageoires leur permettraient de respirer dans l’eau. Ils pourraient pêcher sans se noyer ; comme quoi, ce n’était pas si con comme idée… » Ce serait si bien de voir vos bambins batifoler dans l’eau, de les surveiller en jasant sur leurs faits et gestes, en vous disant que parent c’est vraiment pas facile comme boulot, en vous faisant la remarque que son petit dernier ne peut pas être pire que le vôtre. Si vous aviez eu des enfants avec Emilia, et que Katell en avait eu, alors peut-être que la maternité les aurait rapprochées, qui sait après tout ? On peut toujours se dire ça. Sauf que ça n’arrivera pas. Emilia ne portera jamais tes enfants, et Katell n’aura certainement jamais la chance d’être mère. Quel monde cruel... « Ce sont les branchies qui permettent de respirer princesse... » Oui, même ainsi tu ne peux t’empêcher de la corriger. Elle n’a jamais aimé les poissons je crois parce que pour que des nageoires permettent de respirer... Ceci dit vu les circonstances, qui lui en tiendrait rigueur à part toi ? « Quant aux enfants, c’eût été trop beau, j’en ai bien peur. Tu leur racontera, hein ? Tu leur diras le nombre de fois où on a fait le mur pour aller faire les cons dans la rivière ? » Tu veux perdurer n’est-ce pas ? Tu ne veux pas qu’on t’oublie. C’est égoïste tu le sais n’est-ce pas ? Mais qui pourrait t’en vouloir ? Tu vas mourir sans avoir même pu laisser une quelconque trace de ton passage sur cette Terre ingrate. Mais... Non je ne dois pas dire ça. Tu ne vas pas mourir parce que je te l’interdis tout simplement. Et tu n’irais pas à l’encontre de ma volonté n’est-ce pas ? Ce ne serait pas fair-play de ta part. « Emilia va vouloir me tuer lorsqu’elle va te voir revenir… » Emilia... Emilia et ses yeux bleus, et son corps gracile, et ses longs cheveux raides, et sa peau de porcelaine. Emilia et ses sautes d’humeur, son sale caractère, sa voix chantante qui savait si bien crier quand il le fallait. Emilia, ton Emilia... Tu vas la faire pleurer si tu ne reviens pas tu sais. Tu vas lui faire pleurer toutes les larmes de son corps. Ce serait monstrueux. Ce serait comme la tuer. Ton regard s’est perdu, tu cherches à la revoir encore une fois pour t’endormir avec son image dans la tête, l’image de son sourire.

La voix de ta meilleure amie te rappelle au monde des vivants : « Je vais te sortir de là, tu verras. » Quelle innocence, quelle naïveté. Tu la regardes avec le regard tendre d’un parent qui contemple le fruit de tes entrailles. Déjà un voile imperceptible gagne du terrain sur tes yeux, tu peines à garder les paupières ouvertes. Une fleur pourpre est éclose sur ta poitrine, véritable ode à la beauté, hymne à la poésie. On pourrait écrire des chansons sur ta mort. Celui qui a voulu se sacrifier pour une autre, celui qui s’est éteint dans le silence, celui qui a pris la main de la mort avec amitié comme s’il l’avait toujours attendue. Tu es sûr que tu veux être cet homme-là ? « Ohé ! On a besoin d’un médecin, appelez quelqu’un ! Vous m’entendez ? Venez nous aider ! » Des larmes perlent au coin de tes yeux avant de basculer par-dessus la barrière de tes cils et de maculer tes joues d’un sel amer. Pourquoi ? Personne ne viendra, personne n’écoutera ses cris. Personne ne t’aidera et au fond tu ne veux pas qu’on t’aide. Ce serait le déshonneur assuré pour toi et jamais les parent d’Emilia ne consentiraient à lui rendre son héritage. Tu veux qu’elle soit à l’abri de tout, même si elle doit être à l’abri sans toi. « Ne crie pas Katell, ce n’est pas la peine. Nous sommes seuls. » Ta voix n’est qu’un souffle rauque à peine audible. « Avec un peu de chance, je vais goûter aux délices attirantes du paradis dont tu ne profiteras que dans longtemps. » Dans un chuchotis, tu lui fais promettre qu’elle ne te rejoindra que le plus tard possible. Tu ne veux pas la voir dans la grâce de Dieu avant quelques décennies, avant qu’elle ait eu des enfants. Le Seigneur, s’il est miséricordieux, la rappellera à lui dans de nombreuses années, vieille et tannée par les ans et le bonheur. Alors seulement tu l'accueilleras à bras ouverts. Si elle s’avise de passer faire un tour dans l’au-delà avant cela, tu te chargeras toi-même de la renvoyer d’où elle vient avec un coup de pied dans le derche. Avec difficulté, tu tends une main tremblante et lui effleure la joue du bout des doigts.

« Tout ira bien, je te le promets. C’est beau. » Qu’est-ce qui est beau gamin ? Hein ? S’il te plaît, ne me parle pas de lumières idylliques entraperçues par le biais de tes prunelles à moitié voilées. Je ne veux pas que tu abandonnes. Dis, ne suit pas la lumière, ne tend pas la main à ce vieux barbu qui t’appelle. Je t’en prie, ne meurt pas, je n’aime pas ça. Je suis morte trop de fois, je ne veux pas être obligée de le refaire de sitôt. Je t’adore moi tu sais gamin. Icare, s’il te plaît ne me laisse pas toute seule. J’ai mal. Mes oreilles crient d’entendre ta dernière exhalaison, mes yeux pleurent de voir les tiens se fermer, mes narines s’alarment de renifler l’odeur métallique de ton sang. Tout est noir. Ne me laisse pas... J’ai peur.
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MessageSujet: Re: II,1 ; Last goodbye, dying breath ; Icare & Katell   II,1 ; Last goodbye, dying breath ; Icare & Katell Icon_minitimeMar 5 Juin - 15:18

The End


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MessageSujet: Re: II,1 ; Last goodbye, dying breath ; Icare & Katell   II,1 ; Last goodbye, dying breath ; Icare & Katell Icon_minitime

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